ALL ABOUT les bouquins de jeux vidéo


#141

J’ai pu mettre la main sans trop suer ni trop dépenser sur un exemplaire de Club Capcom. Ce n’est pas celui du printemps 1994 dans lequel on peut trouver l’illustration de Lost Worlds / Forgotten Worlds, mais je voulais surtout vérifier s’il y a moyen de savoir concrètement qui a bossé dans chaque numéro. Malheureusement, aucune info sur les artistes de la maison impliqués dans la conception ; c’est Capcom point barre. Il y a bien une dernière petite colonne en toute fin de magazine où les auteurs peuvent balancer anonymement quelques remarques persos sur la création du numéro qu’on vient de lire, mais si je m’en fie à cet exemplaire, cela tiendrait du miracle que l’auteur de l’illustration mentionne spécifiquement sur quoi il ou elle a bossé dans cet espace de décompression post-bouclage.

Par contre, j’ai quand même découvert un truc marrant dans l’ours. C’est 勝亦一己 (ce qui se lit sans doute Kazumi Katsumata) qui s’est occupé de fabienner le mag, puisqu’il ou elle était à la fois responsable du logo du magazine mais aussi de la maquette et de son identité graphique d’une manière générale. Petite main qui a fait carrière dans l’ombre puisqu’on lui doit par exemple les logos originaux de Death Note et de Shokugeki no Sōma.

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Même auteur pour le logo, et ouais. En fait, tous les maquettistes (dont Katsumata) impliqués dans Club Capcom bossaient déjà pour Shōnen Jump au tout début des années 90. Donc soit c’est Shueisha qui gérait la production de Club Capcom en loucedé, soit Shueisha et Capcom utilisaient le même studio sous-traitant pour leurs maquettes à l’époque. La première hypothèse me paraît plus probable.


#142

Chez Capcom, avant la sortie du mook Gamest mentionné plus haut, il me semble que les seules illustrations signées (sous pseudo évidemment) se trouvaient dans les newsletters du fan club et les courriers individuels, autant dire des trucs peu communs et pas forcément très exhaustifs.

SNK a eu droit à ses premiers artbooks à peu près à la même époque (1995), toujours chez Gamest, mais je n’ai que celui sur les croquis, lequel ne crédite que Shinkiro et Eiji Shiroi. En revanche, dans la deuxième moitié des années 80, SNK avait publié une série de livrets pour certains jeux d’arcade (Ikari I et II, Athena, Psycho soldier, Touchdown Fever), dans lequel les devs avaient parfois l’occasion de se présenter et d’indiquer leurs précédents jeux. C’est d’ailleurs grâce à ces livrets que j’avais trouvé le pseudo de l’illustrateur d’Athena et de Psycho Soldier - Rampty.

Dans le même genre fait maison à la limite du fanzine, Sega avait publié SPEC, une newsletter réalisée et illustrée par des devs maison (avec une forte présence de ceux qui bossaient sur les différents épisodes de Phantasy Star) qui là aussi pouvaient signer leur taf.

Edit, histoire de me contredire : l’illustration de flyer du premier Street Fighter était signée Seiya. (en bas à gauche), ce qui est à peu près la seule chose que je connais de cette personne.


#143

On avait évoqué le projet il y a 2 mois en attendant plus de précisions, le livre Japansoft s’offre une page de présentation dans laquelle on apprend qu’il s’agit en fait d’une version éditée des bouquins de Szczepaniak, enrichie de quelques interviews et rabaissée à 288 pages (soit environ un cinquième de la somme des 3 livres). Je comprends la démarche, mais j’ai comme l’impression que tous les sujets de niche qui ont attiré les lecteurs de la version d’origine (et probablement laissé sur le bas-côté un paquet de monde) vont être coupés au montage pour se concentrer sur les jeux les plus connus.

In 2013, games writer John Szczepaniak crowdfunded a research trip of unprecedented ambition – to spend three months travelling around Japan, interviewing over 80 personalities from the nascent Japanese games industry of the 80s and 90s. During his trip he recorded hundreds of hours worth of interviews, and released three self-published books – The Untold History of Japanese Game Developers – totalling over 800,000 words of Q&A transcriptions.

Japansoft: An Oral History is a carefully edited journey though this research material, introducing previously unheard voices from the early Japanese game industry. It also adds brand new, specially-conducted interviews with figures including Dylan Cuthbert ( Star Fox ), Manami Matsumae ( Mega Man , Dynasty Wars ) and Keiji Yamagishi ( Ninja Gaiden , Tecmo Bowl ). This book will weave together their memories and anecdotes to form a unique and intimate oral history of the emerging Japanese gaming scene, tracing its development into the 32bit era.