[ Arts Martiaux ] Le topic des mecs qui ont leur permis


#181

J’ai bcp pouffé devant cette collection de gros bras qui se collent des tatanes dans la bonne humeur, mais au delà de la rigolade, c’est vraiment un truc ça ? Le combat de rue ? Ca arrive souvent ? Je ne me suis jamais battu de ma vie je pense, et j’ai l’impression que cela arrive rarement aux gens en fait de se tataner dans la rue. Se faire agresser ça oui, et c’est souvent tellement rapide de ce que j’ai pu en voir, que je vois pas comment Jean-Michel Gros-Biceps peut réagir quand tu as trois-quatre mecs qui te tombent dans le dos sans prévenir.

Quelle est la part consciente de “vouloir être prêt” dans les gens qui font des arts martiaux ? Quelle est la proportion des gens qui ont été agressés avant de s’inscrire dans un cours d’art martial ? Ca t’est déjà arrivé de mettre ton entrainement en application en condition réelle ?

C’est des vraies questions sérieuses sans malice. Je pense que je te l’ai déjà posée en fait :pray:

C’est juste que au delà de la pratique sportive que je respecte parfaitement, c’est pas la première que je te vois mentionner la notion du combat de rue. Je fais bcp d’escalade (du bloc) depuis un an et demi, et il est évident que ce n’est pas en préparation du jour où je dois pouvoir escalader une facade d’immeuble. Mais les arts martiaux sont évidemment pas inscrits dans la même logique.


#182

Ne t’excuse pas, ces questions là, tout pratiquant doit se les poser à un moment où à un autre.

Paradoxalement les arts martiaux sont les seuls sports où tu passes ta vie à te préparer pour un truc qui n’arrivera probablement jamais. Pire, certains arts martiaux sont même complètement inadaptés à une véritable agression, et les professeurs/élèves ne sont pas toujours au courant (ou ne veulent pas l’admettre).

Alors à quoi bon ? Parce qu’effectivement avec un peu de chance, personne n’aura à s’en servir dans la vie. C’est d’ailleurs mon cas jusqu’à présent, et je croise les doigts pour n’avoir jamais à passer le permis, c’est mauvais pour la santé. Le prix à payer pour cette tranquillité, errer dans le couloir du doute, mais je l’accepte volontiers.

Je l’accepte d’autant plus que je ne me prépare pas à la guerre, ma pratique martiale a évoluée vers des systèmes qui servent au quotidien, plutôt que de bousiller mon corps en tentant de devenir un guerrier pour rien et rentrer dans un autre paradoxe : abîmer mon corps pour y arriver, alors qu’au départ t’y vient justement pour ne pas te faire abîmer. Toutefois, no pain, no gain, ça marche aussi ici.

Mais chacun ses buts, le mec de cette chaîne cherche clairement à tester ses limites, quitte à perdre des neurones dans l’histoire (il le dit lui même), et après tout pourquoi pas, c’est le chemin qu’ont choisi tous les boxeurs/MMArtistes. Tout donner pour devenir le plus fort, en sachant que tu ne le resteras jamais très longtemps.

Et les autres ? Les autres ne se focalisent pas toujours sur ces applications là. C’est très important d’y penser et de s’y projeter de temps en temps (et donc d’étudier ces situations) pour bien savoir où on se situe, mais certains préfèrent les aspects culturels, l’entretien physique, se préparer pour des compétitions (qui n’ont rien à voir avec une agression), c’est aussi un formidable moyen pour explorer la biomécanique et les capacités/liens du corps et du mental.

J’aborde chaque assaut comme un puzzle à résoudre, en ayant que mon corps/mental et mon environnement pour trouver une solution. Le plaisir dans le plaisir c’est d’y arriver en maîtrisant la personne plutôt qu’en la détruisant, ce qui est toujours plus facile. N’utiliser que la force nécessaire pour stopper une personne et la protéger d’elle même, je trouve ça très beau. Mais c’est du taf, le taf d’une vie.

Tu as donc plusieurs façon d’aborder un art martial, toutes se valent, à partir du moment où tu ne te ments pas à toi même.

Quelle est la proportion des gens qui ont été agressés avant de s’inscrire dans un cours d’art martial ?

Aucune idée, en revanche c’est l’une des deux raisons principales, l’autre c’est le cinéma.


#183

J’imaginais qu’un objectif potentiel serait le gain de “confiance en soi”: se sentir plus fort, plus préparé, donc moins angoissé par la perspective de se faire agresser… mais plus généralement “plus en confiance” et du coup mieux dans sa peau dans sa vie de tous les jours tout simplement. Je pensais que ce serait une des motivations principales pour se lancer là-dedans, mais apparemment non?


#184

Ah sisi, mais ce manque de confiance en soi vient souvent d’une agression, ou d’une intimidation.


#185

Des fans de MMA dépressifs ont produit une magnifique infographie sur leur sport.


#186

Je ne fais plus d’arts martiaux depuis longtemps mais j’en ai fait ado et jeune adulte, essentiellement parce que mon cousin aîné en faisait et qu’il était trop cool, et qu’en matière de dépense énergétique et entretien physique je ne connais rien d’aussi radical. J’ai dû faire deux-trois ans de judo, jujitsu et yoseikan budo.

Durant mes années estudiantines, où je n’avais pas spécialement le sang chaud mais les nuits longues, parfois un peu trop arrosées, et les fréquentations interlopes, il m’est arrivé quelque fois de trop de me retrouver dans des situations chaudes, voire plus.

Je n’avais pas du tout fait des arts martiaux pour ce genre de trucs dans mes souvenirs mais fatalement quand tu en as fait il y a des réflexes qui reviennent, notamment certaines postures et certains gestes de défense (par exemple je sais que la parade de la main gauche qui écarte le coup vers l’extérieur, c’est reptilien, mon cerveau le fait sans que je lui demande, même si dans la plupart des cas il faut un bol fou pour le placer). D’une manière générale il y a une mémoire corporelle, des routines de coordination des gestes, une maîtrise spatiale et une familiarité à certaines situation qui ont le gros avantage de permettre d’analyser la situation avec une lucidité qui peut être étonnante (ou alors c’était l’alcool). Ce qui n’est du reste pas toujours un plus : se barrer est souvent plus malin que de se sentir obligé de jouer Daigo irl à 4h du mat’ contre un type dont on ne sait rien. D’une certaine manière, ça me fait penser à ce que certains joueurs de jeu vidéo rescapés d’attentat disent de leur expérience : dans certains cas de stress, le cerveau bascule en mode analyse spatiale pure, ce qui permet de construire des stratégies d’action avec un peu de lucidité - et de bloquer la panique et l’émotion. Les pratiques des arts martiaux et des jeux vidéo sont ici assez proche, c’est de l’analyse spatiale de situation, de la prise de décision, de l’exécution.

Après, ça reste très limité comme apport. Déjà parce que ce n’est pas la même chose de répéter des atemi oklm avec un collègue de tatami et de se retrouver transi d’adrénaline face à un parfait inconnu ; que comme le fait remarquer ono, les arts martiaux sont dans 95 % des cas des trucs qui esthétisent le combat, mais n’ont pas de réelle dimension pratique sérieuse (et c’est souvent très bien comme ça) ; et que quand bien même ils prétendent en avoir, rien ne dit que le type en face respecte les même règles du jeu : il va se placer n’importe comment, si ça se trouve il sera armé, et en plus il ne porte même pas de kimono. Bref, c’est un peu comme avoir appris les échecs pour affronter un pigeon. Au mieux, on sera content parce qu’on aura fait un beau mouvement, mais à la fin, de toute façon il va foutre en l’air tout l’échiquier.

Tl;dr : de mon expérience, ça apprend surtout à ne pas paniquer et donne des idées d’action ; mais essayer en vain de placer des clés de bras au sol dans le caniveau à 4h du mat’ devant le Connetable avant de se faire embarquer par la police, ce n’est pas d’un intérêt très fou quand on y repense (à part pour alimenter un message de forum honteux douze ans plus tard).


#187

Je pense que ça dépend beaucoup du sexe de la personne et probablement aussi du pays dans lequel vit cette personne. Dans mon entourage, les seules personnes à pratiquer des arts martiaux ou des sports de combat sortis du collège ou du lycée sont des femmes. D’ailleurs, les seules fois où j’ai été mêlé à des combats de rue ces 15 dernières années, c’était quand des femmes se faisaient agresser.


#188

ono > les choses de la vie font en sorte que j’ai une saison deux dans mon disque dur, mais je n’ai pas assez de motivation et d’endurance pour la monter / traiter / uploader quand je rentre du travail :/.


Pour apporter mon point de vue à la discussion :

Pourquoi commencer: Beaucoup de personnes viennent en effet “pour savoir de défendre”. En discutant avec des amis qui donnent des cours universitaire ou lycéen, ajouter le suffixe “et self-défense” permet d’augmenter les effectifs de manière non négligeable. Sinon comme ça a été mentionné, l’aspect culturel / coolitude. Je ne pense pas que j’aurais commencé dans Kenshin. Je ne sais par contre pas si l’aspect fiction est aussi poussé aujourd’hui (à part John Wick, il y a quoi comme film qui sont très typé “film d’arts martiaux”?).

Pourquoi rester: chez nous en vrac il y a l’aspect compétitif/sportif, le côté exercice physique, et la partie spirituelle (religieuse ?). Je ne pense pas (en tout cas chez nous) que les gens restent uniquement dans le but de développer une confiance en soi (ou alors ils quittent lorsqu’ils l’ont pu l’acquérir ?).

Confiance en soi: pour rajouter à l’exposé de sop, j’ai l’impression que de travailler avec vivacité (quelque soit le réalisme et où la practicité de l’hypothèse de combat) permet de relativiser beaucoup de chose de la vie hors tatami.
Comme l’a décrit sop ça permet de mieux gérer le stress aiguë ; si on arrive à s’habituer à faire des trucs comme se défaire comme d’une vilaine clef / esquiver d’instinct un direct du droite / parer un puissant coup de sabre, il y a pas de raison de perdre son sang-froid quand on conduit sur la neige de nuit avec un brouillard givrant avec des pneus mal adapté.

C’est un aspect très chouette qui n’est pas beaucoup mis en avant (ou juste implicitement, parce que c’est clair que Ryu / Goku ou Teddy Riner ont confiance en eux-même).


#189

Tu viens de me faire soudainement prendre conscience que cette motivation par le cinéma n’aura finalement concerné que deux générations, et qu’il n’y a plus de Bruce Lee / Jackie Chan en tête d’affiche pour continuer d’entretenir la flamme.


#190

Jason Statham doit être ce qui s’en rapproche le plus, mais il est davantage vu comme un acteur de film d’action que de film d’arts martiaux et je ne suis pas sûr que beaucoup de gosses aient un poster de lui au dessus de leur lit.
D’un autre côté, ça reflète l’évolution du genre, les scènes d’arts martiaux se mêlant plus volontiers aux gunfights de nos jours (grosso-modo depuis le milieu des années 90, quand Van Damme a invité des réal hong-kongais à Hollywood et que quelques stars locales ont entamé une carrière internationale).

En films récents de ce genre, il y a eu Atomic Blonde (qui partage une partie de son staff avec John Wick) et The Raid, mais le premier ne fait qu’ajouter une casquette à la cinquantaine que possède déjà Charlize Theron et le second a un staff indonésien, ce qui ne doit pas aider à faire connaître ses têtes d’affiche.


#191

En passant, il faudrait dire deux mots sur ces pratiquants qui n’ont jamais évolués dans leur tête et qui continuent d’imiter Bruce Lee au premier degré à 40 piges, de penser que savoir faire le grand écart est important, et de casser des trucs avec la main en enflammant des objets, torse nu, sans trouver ça ringard. Il y a de sacrés jacky, et pas celui auquel on pense en premier.


#192

Attends, il a des circonstances atténuantes le pauvre.

Jacky was seriously injured in an accident in the 1990 Indianapolis 500, and spent two years in a grueling rehabilitation program. Just when his injury had healed, he discovered the existence of the mystery group behind the accident. At the same time, his sister Sarah disappeared.


#193

:laughing:


#194

A ne pas confondre avec…


#195