[E3 2013] Microsoft sèche les cours avec Nintendo ?


#222

Ah ça, naturellement, si avoir un perso Disney dans un jeu Disney est un point rédhibitoire pour toi, tu n’est pas armé pour saisir pourquoi ça se vend. Autant demander pourquoi Chun-Li est dans les Street Fighter.

La clé, c’est facile aussi. Après tout, rien que dans ma culture personnelle, je peux penser à des trucs que j’adore où on se bat avec des foreuses, des ciseaux, des cartes à jouer, des fourchettes ou des yo-yos donc c’est juste un objet de plus (sans compter les réels mérites contondants d’une clé de 1m50 en fer forgé). Mais en plus il y a un truc très rigolo, qui est qu’ils ont choisi une clé pour avoir une arme qui avait l’air non violente pour Disney alors qu’en fait shonen oblige ça va être l’arme des chevaliers, la source de toute une guerre et l’objet d’une prophétie, que le héros s’empale littéralement avec pour ouvrir son coeur, etc.

On ouvre tout un jeu sur la symbolique des clés, héraldique ou biblique, et le mixe avec les légendes d’Excalibur pour le côté épée. C’est pas bien compliqué mais ils ont fait leurs devoirs et construit autour (les éléments héraldiques en général sont à la base de pas mal de visuels du jeu). Et d’un autre côté hop, on va collectionner les porte-clés pour les upgrades.


#223

Je n’ai jamais touché à un Kingdom Hearts. Le fait de me balader dans différents univers Disney ne me déplairait pas, mais l’accueil critique mitigé du premier épisode (6/10 chez Joypad) m’a poussé à faire l’impasse à l’époque. Et avec les années qui ont passé, le jeu s’est taillé une réputation pas très glorieuse niveau scénario, ce qui n’a m’a pas vraiment encouragé à lui donner sa chance en occaz’. Pour avoir écouté l’avant-dernier numéro du Cosy Corner avec un résumé d’une heure fait par un fan de la série, je crois que je comprends très bien les doutes qu’on peut émettre à l’encontre de cet aspect du jeu (j’ai explosé de rire à l’arrivée de Donald et Pluto. Non pas que ces personnages ne soient pas adaptés à une histoire à enjeu tragique - le récent reboot de Ducktales a parfaitement démontré le contraire - mais le mélange des deux univers me semble tellement incongru).
La grosse différence avec Marvel Vs Capcom, c’est que je n’attends pas de ce dernier qu’il me prenne aux tripes. Alors que KH, a priori, vu le genre du jeu, si. Et je sais d’avance que certains éléments me paraîtront trop gros pour que je puisse rentrer pleinement dans l’histoire. Même en délaissant le choc culturel entre Disney et l’univers de Nomura, le scénar empile les tiroirs au delà de toute vraisemblance, certains éléments scénaristiques semblent contredire les règles posées par le jeu lui-même. Très honnêtement, en écoutant le résumé de la série, j’ai eu l’impression de lire la première histoire d’un apprenti scénariste qui, incapable de faire le tri entre ses différentes idées, a décidé de tout garder.

Quand je regarde la série de loin aujourd’hui, je m’interroge surtout au sujet de Nomura et de sa carrière qui semble avoir connu deux phases bien distinctes. La première, qui par son impact et sa fugacité rappelle celle de Hyung-Tae Kim, où il était l’une des stars du chara-design, avec un style qui a inspiré beaucoup de monde et qui a vraiment explosé à l’époque de Final Fantasy VIII puis de Parasite Eve. Ca faisait encore le taf à l’époque de FFX mais The Bouncer avait déjà écorné son image auprès d’une partie du public. A la sortie de Kingdom Hearts, il n’était plus aussi populaire et ses illustrations promotionnelles se faisaient de plus en plus rares. Le redesign des persos Disney en a laissé plus d’un sur le carreau, préfigurant ce qu’allait subir l’univers des Looney Tunes quelques années plus tard (appelons ça le syndrome Poochie). Quant aux persos avec un look gothique, c’était déjà un poil dépassé à l’époque, alors aujourd’hui…

Après, si ça se trouve, y a de chouettes systèmes de jeu et la balade est peut-être plaisante, mais je ne suis pas sûr qu’on puisse prendre du plaisir à jouer sans tenir compte de l’histoire.


#224

Je vois bien pourquoi ça peut rebuter à l’époque, mais rétrospectivement 6/10 c’est la note que GK via boulap’ a mis à Nier-le-vieux, qui est définitivement dans mon palmarés des pêtés-mais-intéressants. Bien sûr, c’est un autre testeur et une autre entité mais ça montre qu’il est tout à fait possible de passer à côté d’un truc super intéressant en toute bonne foi.

Pour le syndrome Poochie, en fait on ne tape pas du tout dans le même secteur. Loonatics essayait de réinventer (mal) les looney tunes pour ce qu’ils estimaient être le public de leur temps, Duck Tales se réinvente (bien) pour celui du sien, mais dans KH côté Disney on est juste dans l’hommage, pas la réinvention. Oublie le truc des enjeux tragiques, Donald est là pour être le rageux de service au grand coeur et former la moitié du duo de commentateurs des aventures de Sora. C’est plutôt le style Donald et le poélon magique ou l’histoire dont j’ai oublié le nom où Donald visite une version Disney de l’enfer de Dante, juste un Donald “générique” mais avec des fermetures éclair sur la casquette.

Pour l’histoire, déjà, les salades ne commencent qu’après KH1. KH1 a une histoire tout à fait simple avec des thématiques et enjeux clairs mais qui vont chercher quelques trucs intéressants dans l’esprit Disney et sans réel choc culturel, en fait, et donc pour tout ceux dont c’était le point d’entrée ça leur a permis de s’investir assez dans cet univers pour rester après, quand le vent tourne avec KH2 et le jeu GBA.

Pour illustrer, le twist simple mais sympathique de KH1 est un Roger Ackroyd light: durant le jeu on suit les écrits d’un monarque éclairé qui explique comment il est tombé sur les monstres qui menacent le monde et les a étudié, mais on n’a que les pages impaires de son journal. Naturellement on trouve les pages paires qui recontextualisent toute l’histoire seulement juste après avoir découvert que c’est une enflure qui s’est découvert une vocation de boss final et est à l’origine de l’invasion. C’est assez mignon sur le plan formel et le perso est intéressant parce qu’il a à la base des motifs pas fondamentalement méchants (il fait ça par curiosité scientifique). Accessoirement, si tu te souviens de la vague des jeux S-E qui avaient des rapports à collectionner (genre la compil FF7), l’idée vient de là.

KH2 fait un retcon là-dessus: il y a un vrai gentil qui a écrit une partie et un vrai méchant qui a écrit le reste sous le même nom. Déjà, ça détruit l’ambiguité du personnage, mais en plus le vrai méchant est un amnésique au passé inconnu et a lui-même été divisé en deux méchants jumeaux (distincts du gentil qui porte le même nom, donc) et là ça part en sucette, d’autant plus que tout cela t’est révélé simultanément et en même temps qu’un autre gros twist qui est juste présenté sous la forme de “allez jouer au jeu GBA pour comprendre de quoi on parle”.

(et c’est avant d’apprendre mille autres twists sur son identité dans les jeux suivants)

Enfin bref, ça illustre la manière dont l’approche a changé entre KH1 et KH2. C’est à mon sens largement motivé par les délais de développement entre les jeux “principaux”. Du coup ils ont fait des spinoffs pour occuper le terrain dans l’intervalle mais chaque spinoff se doit d’apporter ses révélations pour motiver les fans à les acheter (parce que bon, dans le tas c’est surtout KH, KH2, BBS et KH3 qui valent la peine d’être joués et que parmi les autres il y a quelques vrais désastres). Le jeu GBA est super symptomatique de tout ça: à la base, KH2 devait commencer in media res dans une situation déconnectée avec la fin du 1 mais comme il prenait son temps ils ont fait ce jeu qui vend la mèche et étale un twist normalement expliqué en trois ligne sur plusieurs heures et en ajoutant 5 persos à l’histoire (et du coup dans KH2 ils se croient justifiés de ne plus expliquer correctement le twist). C’est un peu comme si on faisait tout un jeu sur le flashback de Cloud de FF7, ça serait insensé.

Mais en plus au bout d’un moment ça deivent clairement un manque de self-contrôle, KH3 ramenant quasiment une vingtaine de personnages dont les arcs étaient déjà finis pour rameuter tous les fans des autres jeux. Techniquement c’est supposé en clore la majorité une fois pour toute, mais c’est oublier que KH2, le seul happy end du reste de la série, avait déjà cette intention proclamée.


Et dit comme ça ça fait peur, à juste titre, mais par exemple tous les retcons débiles et mal racontés du 2 sont pardonnés quand on affronte le méchant pilotant un château transformé en mécha-dragon grand comme une ville en lui balançant des gratte-ciels à la figure (et occasionnellement le pouvoir de l’amitié). C’est comme le catch, les comics comme mentionné plus tôt ou le sentai, on peut être à fond dedans pour les situations plutôt que pour l’histoire, c’est qui est d’autant plus vrai dans cette série où les mondes Disney sont largement séparés du reste de l’intrigue.

D’ailleurs ça amène à un dernier point qui est que c’est aussi perçu très différemment quand c’est réparti sur une dizaine de jeux, même super mal racontés, que dans un podcast d’une heure, d’autant plus qu’en vrai tout ce background abracadabrantesque représente environ 15% du temps de jeu et que le reste est passé à explorer la caverne aux merveilles ou faire des selfies avec Raiponce.


#225

Recordscratch.wav Le premier Kingdom Hearts, une pauvre victime incomprise ? What ? KH sur PS2 à l’époque j’avais trouvé ça nul à chier, perso ça m’a vacciné pour l’éternité avec cette série. Je peux imaginer qu’un des deux ou trois remasters du jeu aient amélioré l’expérience en corrigeant des défauts et en reprenant les idées et le moteur de KH2 (il paraît que c’est le cas sur la version dispo dans Kingdom Hearts I.5 & II.5) mais j’aurais été beaucoup moins galant que le testeur de Joypad concernant un Action RPG minable aux phases d’action plates comme les pieds de Donald, à la caméra faisandée, aux mini-jeux nuls à chier (le Gummi Ship putain), aux univers Disney bien choisis mais franchement mal exploités, sans oublir un crossover Squaresoft largement survendu à l’époque (et puis quels persos merci bien). Et des protagonistes indigents, sapés comme des clowns. Je suis totalement prêt à croire que ça s’est largement amélioré par la suite (il paraît que Birth By Sleep est super), et que les modes de difficulté introduits dans Final Mix et tout le toutim rendent les combats intéressants, mais c’est trop peu trop tard, dans mon cas.

Je t’entends sur le fait que le premier KH avait une intrigue sans doute plus simple (no shit) et plus chouette que le tournant effectivement abracadabrantesque pris par la série ensuite.

(Sinon, vous étiez pas obligés de rester sur ce topic vieux de presque six ans, hein, c’était juste pour la blague.)


#226

Ouais, pour le topic j’ai tiré à pile ou face.

Loin de moi l’idée de vouloir en faire une victime incomprise, surtout qu’en fait le jeu a largement trouvé son public. J’essayais juste de formuler pourquoi il a trouvé son public, justement, et même pas particulièrement de vous donner envie d’y jouer ou rejouer.

D’ailleurs, pour les améliorations de 1.5, oublie, la seule vraie différence est que le contrôle de la caméra est sur le stick droit (la caméra elle-même n’a pas changé d’algorithme donc au final ça reste assez désagréable). Pour le reste c’est un remaster fait un peu à la truelle, avec des upscales de texture façon “j’apprends les filtres photoshop” et un passage en 16/9 qui fait que parfois les persos brandissent des trucs hors champ. C’est pas fondamentalement un mauvais moyen d’y rejouer mais si tu ne l’as pas aimé au premier passage, tu ne l’aimeras pas plus cette fois.