Le Bonaldi Breakfast Club du gadget inutile donc in-dis-pen-sable


#1

Oui ! Du moins, à l’heure actuelle. Je le remets ici pour la postérité et les petits-enfants d’onosendai. Depuis lundi dernier, je suis l’heureux acquéreur d’un 1chipMSX, ou comme je préfère en parler affectueusement, d’un “One” (les fans utilisent OCM, mais bon, c’est moche). Je ne savais pas trop où en parler mais puisque G_G a décidé de tous nous faire acheter ses moindres bêtises, j’ouvre ce topic dédié à tous les achats de bidules défiant le bon sens et la morosité du monde moderne. C’est un peu l’équivalent du topic “à quoi jouez-vous en ce moment” mais élargi aux objets et matos inutiles en tout genre : vous avez acheté un Magic Bullet, un Moulin Génial ou un Tournevis MP3 ? Balancez des photos, de l’enthousiasme et des points d’exclamation comme celui-ci !

Ton “One Chip MSX”, c’est quoi ?

Pour faire court, c’est une petite boîte bleue translucide compatible avec un vieux standard PC des années 80, qu’on peut brancher sur son téléviseur ou sur un écran de PC. Le 1chipMSX permet donc de jouer aux jeux et programmes compatibles avec le standard MSX, mais réserve également mille et une astuces innovantes que je détaillerai plus bas. La société D4 Entreprise en a produit 5.000 exemplaires, pour grosso modo 20.000 yens hors taxes (environ 125€ au taux de change actuel). Si j’en crois la PCB de ma machine, j’ai le 1chipMSX n°4903/5000.

D’accord mais le MSX, vite fait comme ça, tu peux me remettre en tête ce que c’était exactement ?

Le MSX est un projet de standard informatique datant du début des années 80. Il a impliqué de nombreuses sociétés ayant un pied ou deux dans l’informatique : Microsoft, Sony, Matsushita, Phillips, Sanyo, Mitsubishi, Toshiba, Sharp, Casio, Toshiba etc. Le mec à l’origine du projet est Kazuhiko Nishi, le fondateur du magazine/éditeur ASCII (qui n’a pas inventé l’encodage ASCII, si vous vous posiez la question, mais à qui l’on doit la création de Famitsu). Nishi bossait pour Microsoft à l’époque, ce qui explique un peu mieux la forte implication de MS dans l’affaire, et notamment l’existence de MSX-DOS et MSX-BASIC. Notez que MS a rapidement lâché le MSX et tout laissé toute la gestion du consortium MSX à Nishi et ASCII quand ils se sont aperçus que la machine n’avait pas grand avenir en Occident.

La grande majorité des acteurs tournant autour du format MSX étaient japonais car leur but était de lancer le marché des ordinateurs de loisir bon marché au Japon, mais en imposant un format collégial plutôt que de laisser des plumes dans une guerre de formats concurrents. Comparé aux projets informatiques de NEC comme le fameux PC-88, le MSX se voulait bien plus cheap et “familial” - avec par exemple la possibilité de brancher l’appareil sur un poste de télévision, et des jeux sortis majoritairement sur format cartouche (comme la Famicom). En gros d’un point de vue historique, c’est l’équivalent japonais du Commodore 64. D’un point de vue technique par contre, il tourne sur un bon vieux Z80 des familles (comme le le CPC et le ZX Spectrum).

Le format a évidemment connu son heure de gloire en Asie, et particulièrement au Japon. Il n’a jamais vraiment pu mettre le pied pour de bon aux USA, mais vous savez déjà sûrement qu’il a trouvé une petite niche en Europe, où les micro-ordinateurs de loisir ont véritablement explosé sous l’impulsion de Commodore, Sinclair et Amstrad. Comme la machine a débuté au Japon en 1983 et qu’elle y a plutôt bien marché, elle partage de très nombreux titres avec la Famicom. D’ailleurs on n’y pense peu car on a souvent le réflexe d’opposer Nintendo aux autres fabricants de console, et notamment à SEGA et ses SG-1000/MarkIII/etc., mais le MSX était plus ou moins le seul vrai challenger potable de la Famicom au Japon à ses débuts. Le MSX sera d’ailleurs un des systèmes lancés sur la Virtual Console de la Wii cette année (je précise qu’il n’a été annoncé qu’au Japon pour l’instant).


Petite comparaison de tailles entre un MSX2 (Panasonic FS-A1), une Wii et un 1chipMSX.
Oui j’ai aussi acheté un appareil tout cheap tout naze afin d’avoir des photos du 1chipMSX en action.

Mais pourquoi est-ce qu’on parle toujours de “MSX” et de “MSX2” ?

Le MSX était un peu à la rue techniquement, et c’est principalement son affichage vidéo qui fait tiep’. C’est super simple à constater de visu en comparant les versions MSX et NES/FC d’un même jeu. Les nombreux scrolls de la NES disparaissent aussitôt sur le MSX, ou alors ce sont des scrolls “pour la blague” (comme avec Salamander, par exemple). Le MSX ne peut en outre afficher qu’un nombre assez faible de sprites et plus généralement, la version MSX d’un jeu prend bien la teuhon face à la version Famicom. Il y a tout de même quelques contre-exemples intéressants comme Castle Excellent qui est plus fun sur MSX parce que son concept se prête mieux à des tableaux fixes qu’à des niveaux en scrolling, mais cela tient de l’exception.

Trois ans à peine après le MSX sont donc sortis les premiers MSX2, boostant les specs du standard et permettant des jeux visuellement vachement plus convaincants (disons que cela peut aller jusqu’à de la “NES en fin de carrière”). C’est aussi l’arrivée du MSX2 qui a influencé la sortie de jeux Konami utilisant une cartouche ou des floppies pour le code des jeux et le deuxième port cartouche pour intégrer une cartouche spécialement dédiée à la simulation sonore (l’exemple le plus connu étant sans doute la SCC de Snatcher). En parlant de Kojima, quand on lit “Metal Gear a commencé sur MSX” jusque sur les pages officielles de Konami, en pratique c’est faux : il a commencé sur MSX2, ce qui montre bien à quel point l’amalgame entre MSX et MSX2 est généralisé. Mais franchement, à l’heure actuelle, on s’en fout un peu puisque le MSX et le MSX2 sont toujours mis dans le même sac. Ca explique pourquoi, quand on fouille un romset (qui généralement mélange MSX et MSX2 sans vergogne), certains jeux sont un peu dépassés et d’autres carburent. En revanche, de nombreux jeux MSX2 sont sortis sur floppy. D’ailleurs il est bien plus facile de trouver des ROMs de jeux piquées d’une cartouche, que des images de floppies ou de cassettes.

Donc en gros ton truc, c’est juste un Famiclone, mais pour le MSX ?

De loin, avec sa tronche de NeoFami translucide, on pourrait croire qu’il s’agit là d’un énième Famiclone chinois qui s’est simplement trompé de machine. Mais le prix vous aura mis sur la voie : le One boxe dans une toute autre catégorie. Primo, il s’agit d’un projet parfaitement officiel, soutenu à l’origine par ASCII, Nishi et MSX Association (qui détient désormais les droits du MSX). Le projet a mis un paquet de temps à aboutir. Dans un premier temps, ASCII devait produire et distribuer la machine au Japon pendant que les Néerlandais de Bazix s’occupaient de l’international (la Hollande est “l’autre Pays du fromage MSX” à cause du soutien de la machine par Phillips). Mais les pré-commandes débutées au printemps 2005 non jamais atteint le threshold de 5000 précommandes nécessaires à la pérénnité financière du projet (1000 précos en une semaine, 2000 précos en deux mois, puis ASCII a lâché l’affaire au milieu de l’été un poil au dessus des 3000 précos).

ASCII lâchant le projet, MSX Asso s’est tourné vers D4 Entreprise, à l’origine du projet EGG que vous connaissez si vous lisiez insert credit assidûment en 2005~2006. EGG est calé dans l’exploitation de vieilles machines et de retrogaming, d’ailleurs ce sont eux qui s’occupent des vieux jeux Falcom émulés pour tourner sur Windows, ainsi que de la NEOGEO et du MSX sur Virtual Console. Mais comme D4E n’a pas de grande expertise en fabrication de hardware, la partie production a été confiée à Same Time Electronics et Altera. Altera est un nom assez important dans toute cette histoire, car ils sont à l’origine du “1chip” donnant à la machine son appellation et son concept. Altera est en effet un des leaders dans le domaine des FPGA (vous pouvez suivre le lien Wikip’ pour plus de détails, c’est assez intéressant). Le 1chipMSX utilise un Altera Cyclone qui lui ouvre un paquet de possibilités, répondant notamment à la prochaine question que vous devriez vous poser.


Le One en action. Les huit diodes vertes s’allumage en “balayage” de gauche à droite, un peu comme KITT.
Les deux boutons sont juste POWER et RESET.

Pourquoi choper un bidule pareil plutôt qu’émuler ou récupérer un vrai MSX2 pour pas cher ?
(a.k.a. Ton “One Chip MSX”, c’est quoi ? version longue)

Evidemment, cette question prête à sourire sur Boulette, où le bon sens et le rationnel n’ont aucune prise. Un objet mignon et peu commun, avec des anecdotes rigolotes derrière, bas bas bouton sarcophage, défiant toute logique commerciale et permettant de jouer à des vieux jeux = VICTOIRE. Mais à l’instar du fascinant PSX, le One est un investissement dans lequel je ne regrette pas de m’être plongé, car l’objet et la communauté autour n’arrêtent pas de surprendre. Cela dépasse de loin le simple cadre du gadget JV nostalgique (et encore “nostalgique” : moi à la base le MSX, je m’en fous un cactus dans le slip).

D’abord, parlons un peu de la machine. Le One possède les deux slots cartouche règlementaires et deux ports DB9pins compatibles avec les manettes d’origine, ce qui permet à n’importe quel possesseur de matos original de lancer un jeu MSX ou MSX2 pif paf comme sur un MSX2 tout bête. Mais vous l’avez constaté, il n’y a pas de clavier, ce qui peut-être embêtant pour quelques jeux d’aventure (d’autant qu’à l’instar du C64, beaucoup de jeux utilisent les touches F1~F4 pour lancer et configurer une partie). Non sans astuce, le One y remédie via une de ses nombreuses sorties à l’arrière de la machine. On y trouve en effet un port PS/2 pour brancher n’importe quel vieux clavier de PC qui traînerait dans vos cartons. A ses côtés, deux options pour afficher l’image : une sortie VGA et une sortie S-Video qui se dédouble en RCA Stereo. Notez qu’aucun câble n’est fourni avec la machine, à part la prise secteur.

La vraie force du One, que je sous-entends depuis le début du post, tient en trois caractéristiques :

  • Un lecteur SDcard (et MMC) intégré
  • Deux ports USB
  • L’architecture “1chip” qui donne son nom à l’engin

Le truc qui saute tout de suite à l’esprit avec les deux premières, c’est “wouhou on peut foutre n’importe quelle image de floppy sur la SD et utiliser le port USB pour jouer avec un pad de son choix”. Tout juste, mais les possibilités sont en réalité beaucoup plus vastes grâce à l’idée géniale de MSX Asso de baser l’architecture du 1chipMSX autour de la puce Altera Cyclone. Et là, pour quelqu’un qui n’y connait presque rien en informatique comme moi, ce qui suit tient de la magie.

Toute l’architecture du MSX tient dans la puce Cyclone, qui est un FPGA (c’est à dire un circuit qu’on peut intégralement reprogrammer, à l’infini). Le FPGA imagine l’architecture du MSX en son sein ; en gros c’est de l’émulation dédiée et inscrite dans la puce. Etant entièrement reprogrammable et versatile, le FPGA peut modifier sa “logique” en direct, en fonction de ses besoins. Donc l’architecture qu’il imagine peut changer de forme. C’est comme le T-1000 de Terminator 2 ! Pour comprendre à quoi ressemble le circuit qu’il simule (ou ce qui doit être changé), le FPGA se base sur un truc appelé VHDL. Le VHDL, c’est une espèce de walkthrough ou carte du monde numérique expliquant au FPGA où se trouve chaque composant de la machine (qui n’existe pas, puisqu’elle est simulée par le FPGA). Donc en gros, la puce du 1chipMSX imagine toute l’architecture d’un MSX en s’aidant d’une espèce de notice virtuelle lui expliquant comment ça marche. Mais comme le FPGA est reprogrammable, cela veut aussi dire que la machine qu’il imagine peut être améliorée, voire complètement réinventée, là où une machine physique aurait besoin de fer à souder et de nombreux composants sans offrir autant de versatilité.

C’est là que les ports USB et SDcard deviennent précieux. Il suffit d’utiliser le VHDL pour modifier comment le FPGA imagine le MSX qu’il simule (la machine est filée avec un CD-ROM contenant le source code du VHDL). L’exemple de base, ce sont les ports USB du 1chipMSX. A la base, le 1chipMSX simule un bon vieux MSX2 qui n’a jamais connu l’USB. Qu’à cela ne tienne, il suffit de reprogrammer le cerveau à l’aide du VHDL et pipeauter que le One a toujours été pote avec les ports USB en rajoutant les ports USB dans l’architecture du MSX, en deux coups de cuillère à pot de lignes de code. En théorie et si j’ai bien tout compris, on peut très “facilement” rendre le MSX caché dans le One compatible avec un disque dur externe, un imprimante, un Dual Shock 3 ou que sais-je encore.

Mais on peut aller vachement plus loin dans la réflexion, et la communauté MSX ne s’en prive pas. On trouve plein de projets cinglés sur le web, des fans qui veulent porter d’autres machines sur le FPGA du MSX (genre un C64)aux extrémistes qui trouvent la simulation officielle pas assez précise et proposent d’améliorer l’architecture virtuelle du MSX2 caché dans le FPGA (car à l’heure actuelle le One n’est qu’un MSX2, même pas un MSX2+ ou TurboR). On y croise en outre des histoires parallèles un peu dingues comme ce type qui recrée la NES sur une Cyclone. On trouve aussi de fougueux débats sur la validité du One, comme ce topic passionnant sur la validité du One. L’architecture du One pose un paquet de questions fascinantes sur la place de l’émulation dans le JV, la légimité des proprétaires historiques d’une IP face à une scène pro-active s’étant emparée de l’identité de la machine. D’ailleurs voilà un post qui résume assez bien le point de vue de certains anti-OCM :

La possibilité de reprogrammer le FPGA ouvre autre un problème intéressant, assez proche des questions posées par l’attitude de Gamepark avec la GP32 : MSX Asso a offert une architecture ouverte permettant aux fans de triturer l’architecture de leur machine, mais comment vont-ils suivre et/ou adouber les améliorations apportées par la communauté ? La différence de mentalité entre les fans occidentaux et Japonais est également passionnante à suivre ; d’une manière générale, les Européens et Brésiliens sont vachement plus progressistes et tentent d’améliorer les capacités du One, tandis que la fan-base japonaise semble surtout s’attacher à améliorer le One pour qu’il soit compatible avec plus de jeux originaux (car l’architecture actuelle est encore très imparfaite). Deux excellentes sources d’information reflétant bien les deux communautés :
http://www.msx.org
http://free.flop.jp/1chipmsx

Enfin bref, c’est tout un petit microcosme passionnant qui s’active autour du 1chipMSX, et une fois que Bazix aura enfin envoyé les machines commandées en Europe (c’est prévu pour bientôt), j’ai hâte de voir comment la Scène va faire évoluer tout ça.

Mes prochaines étapes :
• Faire tourner Snatcher via SDcard pour les floppies et avec la SCC+
• Aborder les bases les plus simples de modification du VHDL (il y a des tutos sur le net)

Voilà, voilà.


#2

Intéressant ! Surtout en ce qui concerne la partie reprogrammation… ouai ça tue en fait. Tient nous au jus


#3

Ouai sympa le résumé. :slight_smile:

C’est vrai qu’il est dommage qu’il aient mis un FPGA assez lent par contre.
Mais bon c’est suffisant pour émuler le MSX et ses interfaces de base, donc ça s’explique.

[EDIT] N’empèche je kifferais de tester ce tracker par ce biais (PSG & SCC). Oui kiffer, carrément. [/EDIT]


#4

Le concept même du FGPA a l’air génial, on pourait pas imaginer des processeurs super rapides comme ça pour tout faire?


#5

Les enfants, j’ai un truc top à vous montrer.


Il vous arrive peut-être rarement de prendre l’avion en La Classe Affaires, et plus rarement encore pour un vol intercontinental. Auquel cas, vous ne savez peut-être pas ce que vous montre, sur cette photo, le magnifique modèle de main que je deviens secrètement chaque fin de semaine pour arrondir mes fins de mois. La Business Class est un endroit assez particulier et, à vrai dire, assez génial.

D’une part, c’est un endroit d’une hypocrisie remarquable, puisque généralement 90% de ses occupants sont des gens tout aussi normaux et insignifiants que ceux roupillant difficilement en classe économique, à ceci prêt qu’ils ont été gratifiés d’une place un peu plus confortable par l’opération de leur employeur, d’une accumulation de miles sur la même ligne, ou tout simplement d’un surclassage occasionnel chanceux. Et pourtant, voilà ces gens traités comme des princes par les mêmes stewards et hôtesses qui rechignent à servir une ration supplémentaire de petites amandes grillées dès que l’on passe de l’autre côté du rideau.

D’autre part, et je l’ai découvert ces derniers mois grâce aux nombreux voyages financés par les photographes réclamant mes dix doigts boudinés mais néanmoins photogéniques aux quatre coins du globe, la Classe Affaires règle définitivement le problème, que dis-je, le grave incident diplomatique que constitue le fameux Tonic qui n’est pas un Schweppes. En Classe Affaires, n’importe quel larbin de couloir aérien comprend immédiatement la signification du mot “untonicsilvousplait” et sert bien un fucking Tonic du premier coup. Par contre, nouveau problème : le steward de Business est conditionné par la fréquentation d’hommes d’affaires cons, bruyants et prompts à la consommation d’alcool en milieu aérien. Résultat, nombre d’entre eux rajoutent systématiquement du Gin dans le Tonic sans demander au futur consommateur son avis. J’adore le Gin Tonic, même quand les copines élégantes de Tanguy les renversent nonchalamment sur mes genoux. Mais au prix que ce billet d’avion ne m’a pas coûté vu que je suis systématiquement l’un des 90% de connards du paragraphe précédent, j’attends à me voir servir pittari le breuvage que j’ai commandé, et je me vois mal refuser le Ginto’ en expliquant que je n’ai pas dit un Schweppes parce qu’entendons-nous bien, entre nous, si j’avais dit un Schweppes vous m’auriez dit “Ah ! Je n’ai pas de Schweppes mais par contre, j’ai du tonic ! C’est pareil.”, je vous connais petit filou.

Mais la Classe Affaires prend réellement tout son sens lors d’un voyage intercontinental. Enfin, ce constat était beaucoup plus juste au Vingtième Siècle. Car aujourd’hui, la Classe Eco se la coule douce avec des écrans individuels, des sièges presque confortables, un repas décent et un équipage qui fait son boulot. Ah, le Vingtième Siècle ! C’était autre chose, et le fossé de qualité de service et de confort entre les différentes classes de voyageurs valait son pesant de noix de cajou et de petits crackers salés. Les compagnies aériennes rivalisaient d’ingéniosité pour satisfaire leurs clients. Et l’un des rudes domaines de bataille entre les opérateurs, c’était la fameuse trousse de toilette. On y trouvait tout un tas d’ustensiles pratiques pour se refaire une beauté : brosse à dents, lime à ongles, cotons-tiges, rasoir et crème à raser, voire même bien souvent un after-shave, etc. On y trouvait même à tous les coups une aiguille et un fil pour que Madame ou la Maîtresse du Patron puisse lui recoudre les boutons de manche avant la descente de l’appareil. Le contenu ou la présentation de ces trousses a d’ailleurs dû bien changer depuis les nouvelles règles de sécurité.

La housse que vous voyez en photo présente tous les signes extérieurs d’une housse de toilette de Classe Affaires on-ne-peut-plus banale des années 80~90. Et le voyageur averti de se demander alors “mais qu’est-ce qu’elle fout dans ce topic ?” J’y viens. Car avant de sombrer dans un quasi-anonymat après les graves troubles causés par la Crise Asiatique, Cathay Pacific - la flotte amirale du tout Hong Kong, la calèche aérienne de notre ami Dickson Poon dont la simple évocation rappellera des souvenirs aux vieux Bouletteux ayant une TRES bonne mémoire - Cathay Pacific donc, était à l’avant-garde du confort intercontinental. Et pour sa nouvelle trousse de toilette, la Cathay avait fait appel aux Allemands de Günter ACS (je ne les invente pas) pour réfléchir à une trousse de toilette plus chic et plus classe que celles de la concurrence. Le résultat, je vous le montre aujourd’hui car je l’ai sauvé récemment d’un grand nettoyage familial qui comptait se débarrasser une bonne fois pour toutes d’un amoncellement incongru de vieilles trousses de toilettes de voyage empilées et conservées méticuleusement des années durant par mes parents parfois un peu fous.


A titre d’échelle, voici donc empilés les uns sur les autres, trois objets parfaitement dispensables et foncièrement inutiles. Je les aime beaucoup. Le One et le Kaossilator n’ont plus besoin d’introduction, mais sur eux trône fièrement une troisième boîte en plastique moins noble et d’apparence moins excitante. Elle était cachée dans la housse avec la petite notice d’utilisation que je tiens fermement entre les doigts de ma main gauche (d’ailleurs je crois que je n’ai jamais fait mon coming out sur Boulette mais je suis, comme ma mère, un gaucher contrarié).


Retournons-là. Vous comprendrez par vous-mêmes ce que mon talent inné pour les photographies ratées cache tant bien que mal : différentes parties de cette boîte en apparence homogène et uniforme sont identifiées par des petites notes et des flèches sur la boîte. Les plus astucieux parmi vous ont déjà tout compris.


Premier subterfuge, une partie peut se détacher sans tracas du reste de l’objet, telle une barre de Kit-Kat. On peut la rattacher tout aussi facilement. Mais nous reviendrons sur ce module flexible un peu plus tard ; concentrons-nous d’abord sur les 3/4 restant. Il y a des petits renforts en plastique et des flèches invitant le voyageur à tirer dur sur chaque recoin de l’objet, ce que je vais donc faire sans plus attendre.


Par exemple, dans ce coin-là s’extirpe un tube bizarroïde…


… Saperlipopette, une brosse-à-dents !


Et de ce côté-là, une lime !


Et de l’autre, un rasoir ! C’est de la sorcellerie, ma parole.


Rasoir accompagné comme il se doit par un tube de mousse à raser. Sylvain Mirouf en perdrait son lapin.


Revenons au Kit-Kat. Une fois encore, les braves ingénieurs de Günter ACS se sont révélés de véritables chiche-capons.


La ruse, ici, est que l’on peut déboucher les deux extrémités. D’un côté, le dentifrice, de l’autre, un after-shave.


On pourrait croire que cela n’est pas très pratique à fabriquer, un truc pareil. Mais faisons confiance au design d’Outre-Rhin. En retournant l’objet…


On se rend compte qu’on peut très facilement retirer les réserves de chaque liquide et donc les remplacer sans difficulté.
Je vous en fais d’ailleurs la démonstration. Vous noterez que la réserve de dentifrice est en forme d’accordéon.


C’est parce que le dentifrice est activé par un ingénieux système de pression, résolvant ainsi le problème de la pâte dissimulée sous la coque dure de la trousse.


Voici la notice dépliée, démontrant mieux que moi toute l’ingéniosité de ce véritable couteau-suisse de la peau glabre et de l’haleine fraîche.
Mais lui, il triche. Il a des flèches, ses deux mains et un photographe compétent.


Teaser ultime, il existait une SECONDE boîte, seulement à destination des voyageurs en Première Classe et dissimulant un chausse-pied, un kit de couture (qu’est-ce que je disais), un peigne et surtout l’indispensable rouleau à pellicules détachable pour épousseter ses épaules enneigées. Et là, ah ! Que dire…

C’est beau, la technologie moderne.


#6

J’applaudis des deux mains, visibles ou non.
J’espère que nous prendrons l’avion très vite à nouveau pour nous amuser.

Je me souviens de Dickson Poon et de la musique de Red Dead Revolver à écouter en lisant le post.


#7

Hier soir, j’ai découvert milles ans après tout le monde un truc sorti semble-t-il l’an dernier, le Puchi Puchi. Il est parti ce matin de son site web… :smiley:

Argument massue: Tous les 100 clics, un son en random surgit !

VIDEO : http://www.damonx.com/commande-bandai-mugen-puchi-puchi/


#8

Attention, tu développes rapidement un TOC avec ce truc en le tripotant tout le temps.

Il y a aussi une version Moe avec un son random d’amie d’enfance ou de maid : http://www.asovision.com/putimoe/
et une version WiiWare… http://b.bngi-channel.jp/putiputi/ tousse


#9

Je l’ai acheté chez Yodobashi l’autre jour. J’ai été TELLEMENT DECU!


#10

Fais moi mal… pourquoi ? :expressionless:


#11

Bin, le “rendu” du toucher, est loin de celui d’une bulle qui éclate. Mais genre Loin.
On a l’impression d’appuyer sur… sur un bouton quoi. Un genre de bouton de mise en route d’un truc étanche. Clic. Clic. Pas un truc prêt à exploser qui se libère. Non, Un bête bouton.
Le bruit est nuuul. Genre “tic,” genre le bruit le plus blanc possible. Comme un bruit FM de tic tac de montre. “tic” quoi. ni plus ni moins. Pas de release ou quoi. Juste “tic”

Pas “puchi” mais “tic”

Une de mes touches ne réagit pas bien.
L’objet est moins joli une fois sorti du packaging.
Le random sound tous les 100 “tics” c’est “mignon” au mieux, insignifiant la plupart du temps. Et faut vraiment faire exprès pour y arriver.

Je trouvais le concept génial. Et les vidéos de promo diffusées dans tous les bons Tokyu Hands aidaient à trouver le truc top génial. Et aidaient à déchanter une fois le truc déballé.

A noter, il a un bouton reset derrière… Au cas où il plante???


#12

La chanson est si bien


#13

Oui, j’arrete pas de l’écouter depuis que je suis rentré. :blush:
J’adore les violons et l’espèce de bip gameboy qui arpège avant le refrain.


#14

AH AH AH AH AH, je viens de recevoir mon Puchi Puchi. Dessus il y a un petit post-it écrit à la main, avec marqué “bon claquage de bulles!”, c’est mignon comme tout.

Sinon, je suis hystérique, j’adore ce truc, TOC en approche maximum. Merci Tang pour le feedback précédent, du coup je m’attendais à BEAUCOUP plus cheap. Le toucher des bulles est plutôt sympa par rapport à ce que j’imaginais suite à ton post :slight_smile:

(j’ai mal au pouce)


#15

Leur nouveau truc avec les haricots a l’air tout aussi cool (mais peut-être plus nipponais)



#16

Ca a l’air encore mieux… T______T


#17

Ce mec a l’air de faire du sexe avec, vu le son. Ca m’inquiete un peu.


#18

La seconde vidéo est génial, avec l’icône animée de l’edamame en haut à droite.
Ceci dit, je pense qu’à la longue ça peut être stressant le coup de l’edamame. On doit quand même avoir envie que ça sorte au bout d’un moment !


#19

Ca fait pas de son débile, je suis un peu déçu.


#20

Les vidéos live sont exceptionnelles