Le topic des comics, des collants et des capes


#721

La liste des nominés pour les Eisner Awards 2012.

Si quelqu’un a un avis (j’ai lu que le Daredevil, qui est effectivement top).


En passant, j’ai chopé il y a un petit bout de temps les best Graphic 2011, mais ça ne mérite pas un long post.

Wilson de Clowes. Une saynète par page, dans des styles graphiques différents, qui mises bout à bout racontent (avec pas mal d’ellipses) l’histoire comico-déprimante d’un quadra odieux/misanthrope/triste/poursuivi par la lose. Si vous avez lu du Clowes vous savez à quoi vous attendre, c’est plus sec que son précédent, l’excellent Ice Haven, ça jongle constamment entre comique pince-sans-rire et désespoir moderne, c’est d’une maîtrise affolante, et c’est à éviter un jour de pluie.

Return of the Dapper Men par Jim Mc Cann et Janet Lee. Un conte de fées steampunk. Dans un monde où le temps s’est arrêté, enfants et robots coexistent sans se côtoyer (les robots à la surface et les kids au sous-sol). Seul le couple formé par un jeune garçon et une petit robotte semble résister à cette indifférence. Un jour, à la faveur d’un événement étrange (314 bonshommes tombés du ciel), le temps reprend son cours. L’histoire à proprement parler est inutilement brumeuse, chaque ligne de dialogue est empreinte d’une gravité qui gonfle rapidos, mais c’est vraiment très joli et ça passe en une heure. Si vous dormez chez quelqu’un qui l’a un jour, pourquoi pas…

Je rappelle qu’Asterios Polyp de Mazzucchelli avait gagné en 2010, et que c’est toujours formidable.


#722

Les conditions d’emprunt sont quand même vachement restreintes.


#723

J’ai pas lu des tonnes de choses sur leur liste, ils oublient sûrement plein de trucs biens mais globalement, leurs choix ont l’air assez solides.

The Unwritten, une des plus grosses séries Vertigo du moment: le fils d’un écrivain disparu auteur d’un Harry Potter-like hyper populaire se retrouve embarqué dans une gigantesque conspiration impliquant tous les grand noms de la littérature des derniers siècles. Chouettes dessins de Peter Gross, évidemment beaucoup d’allusions et de réflexions sur la littérature, vite très prenant. Je pense que ça se lira mieux d’une traite donc j’attends que ce soit fini avant de reprendre.

Snarked est absolument charmant: les aventures du morse de Lewis Carroll chargé malgré lui de protéger une princesse à la recherche de son père. Dessin cartoon hyper efficace, rythme des cases ultra maîtrisé, drôle, presque désuet sans être périmé, de la bonne bd tout public comme on n’en voit presque plus.

Habibi, le nouveau Craig Thompson : énorme tuerie graphiquement, parfaite cohésion de la forme et du propos, de l’entremêlement des thèmes… tout en restant dans la lignée de ses œuvres précédentes. Ceux qui ont aimé Blankets devraient aimer celui-là et ceux à qui ça donne des boutons ne devraient pas changer d’avis.

Congress of the animals de Jim Woodring (dont l’édition française a aussi reçu un prix à Angoulême mais préférez quand même la version US dont la jaquette donne des clefs de lecture importantes). Nouveau récit muet dans l’univers fantasmagorique de Frank démarré il y a quinzaine d’années. Tout comme Weathercraft, son précédent ouvrage, c’est relativement plus accessible (et plus optimiste) que les histoires de Frank habituelles qui sont souvent assez absconses, donc ça peut représenter une bonne porte d’entrée vers cet auteur. C’est absolument irracontable, mais pour résumer : “récit initiatique sans paroles dans un univers graphique unique” donc si vous avez aimé Journey, vous pouvez vous laisser tenter.

WE3 qui ressort avec des pages en plus. C’est bien sûr à lire absolument si on ne connaît pas encore mais c’est surtout une bonne occasion de se rappeler que c’est cette semaine que ressort une autre collaboration monumentale de Grant Morrison et Frank Quitely, longtemps indisponible à cause de problèmes juridiques : Flex Mentallo. À la fois récit borgésien mêlant plusieurs niveaux de réalité, réflexion sur l’évolution du genre super-héros (dont les différentes époques sont ici assimilées aux phases de croissance d’un enfant jusqu’à l’âge adulte) et allégorie shamanique sur la création, la fiction et la réalité, c’est sans conteste un des plus grands comics du genre “méta superhéros” (et un des sommets du comic book tout court, en fait). Je recommande sans réserve.


#724

Tu les vois vraiment oublier plein de trucs ? Ca me semblait impensable vu l’aura des Eisner (mais je suis les comics de très loin). : o

Tu m’as vendu Flex Mentalo. Tu conseilles plutôt Blankets ou Habibi pour commencer Thompson ?

(Kamuette, si un jour tu cherches ton We3, c’est toujours moi qui l’ai (depuis six ans))


#725

“oublier” n’est peut-être pas le mot juste mais entre les auteurs qui ont sorti des trucs mais qui ont déjà été récompensés, le besoin de ménager à la fois le mainstream, l’indé, les mangas… et tous les compromis que ça implique, y’a toujours des choses qui passent entre les mailles, comme pour Angoulême. Je trouve par exemple un peu dommage, même si c’est compréhensible, que ne soient nominés ni le dernier Finder, ni le dernier Love and Rockets, ni le dernier LXG, ni Kate Beaton, ni la réédition de Carl Barks.

Pour commencer Thompson, Goodbye, Chunky Rice :stuck_out_tongue: : son premier album, beaucoup (beaucoup) plus court et tout aussi réussi. Sinon, c’est pas vraiment un auteur “difficile” ni rien donc c’est comme tu veux.


#726

C’est un cadeau.


#727

Ils sont complètement déconnectés du milieu du webcomic et d’une bonne partie de la prod indépendante. La section “pour les webcomics”, par exemple, c’est une triste blague. Surtout que les webcomics ont presque tous des versions imprimées de nos jours. Perso je les trouve complètement à la ramasse sur l’évolution du comic book.

Déjà, dans le jeu vidéo, les césures DL/retail ou pro/indé sont floues, mais au moins, on parle généralement de différences conséquentes entre les budgets investis et le nombre de personnes impliquées. Dans la BD, les processus de production sont beaucoup plus homogènes.


#728

A vrai dire vu le process et le nombre de publications qu’ils doivent se bouffer le taf me semble humainement impossible en print, alors s’il faut qu’ils s’envoient tout le online. : ((

Un témoignage à ce sujet.

Du coup en faisant des recherches j’ai l’impression que c’est surtout le Love & Rockets qui fait scandale et que les fans veulent la peau des Eisner (à peu près tous les mecs disent qu’ils ont chialé et que c’est top 5 de tous les temps). J’ai toujours eu du mal à comprendre de quoi parlait la série, même si sa réputation n’est plus à faire, tu les a lus Lagi ? C’est bien dès le début ou il faut lutter pendant des milliers de pages avant que ça devienne vraiment top ? (et merci Kamuette).


#729

Love and Rockets, c’est génial dès le début (bon ok, les toutes premières histoires sont un peu à part mais restent bien dans l’absolu) et il n’y a jamais vraiment de baisse de qualité même si chacun aura ses passages préférés.

En fait les deux frangins ont chacun leur propre univers (village paumé d’Amérique centrale pour Gilbert, punkettes lesbiennes de LA pour Jaime, du moins au début) où on suit la vie de groupes de personnages sur des dizaines d’années, façon telenovela (mais en bien) saupoudré de réalisme magique. Les deux auteurs ont une narration très condensée et non-linéaire, faisant preuve d’une maîtrise de l’ellipse juste démente et n’hésitant pas à faire des allers-retours de plusieurs années au sein d’une même page ou à révéler soudain un détail du passé d’un personnage qui éclaire d’un jour nouveau des centaines de pages. Le passage du temps, à l’intérieur comme à l’extérieur de l’histoire (la série a commencé il y a 30 ans), joue un rôle crucial et on s’attache aux protagonistes comme jamais jusqu’à les considérer comme des vieux amis. Le dernier tome, centré sur l’univers de Jaime, est effectivement terrassant à ce niveau. Ce n’est pas exactement un happy end, vu qu’il n’y a pas de fin en vue, mais c’est un passage clef, l’aboutissement de plein de choses pour les persos principaux.

Le seul problème c’est que c’est un peu le bordel pour s’y retrouver entre les différentes éditions, les albums qui contiennent soit des travaux de Jaime, soit de Gilbert, soit des deux, les albums “hors-série” qui s’y rattachent quand même, les pseudo intégrales qui ne regroupent pas tout, etc. mais dernièrement, Fanta a sorti une nouvelle édition petit format, intégrale ou presque, qui me semble être le moyen le plus simple pour commencer.

Au niveau du dessin, y’a pas photo : Gilbert est fort mais Jaime est carrément un des plus grands dessinateurs vivants avec un style d’une épure et d’une limpidité incroyable, qui dit tout en quelques traits. Et cette maîtrise de l’anatomie et du noir et blanc, mon dieu…



#730

Je comprends rien. :frowning: En gros, la Library à 90 bucks de Fanta suffit (même si je la trouve plus sur leur site) ?


#731

En gros, oui mais le coffret a l’air en rupture de stock.

Pour Jaime: tu peux commencer par les 5 “Love and Rockets Library” petits formats (ça démarre ) puis enchaîner sur les “Love and Rockets: New Stories” (la série en cours, des albums annuels qui contiennent des histoires des deux frères - 4 parus pour l’instant).

Pour Gilbert: tu commences par les trois “Love and Rockets Library” qui contiennent ses histoires de Palomar et qui sont d’un point de vue perso parmi ce qu’il a fait de mieux (début ). Ensuite tu peux enchaîner sur le gros album Luba puis le TPB “High soft lisp” qui sont la suite directe. Puis les “Love and Rockets: New Stories”.

Après, il reste encore d’autres trucs mais tu pourras t’en préoccuper plus tard. Là, tu as l’essentiel.


#732

J’ai réactivé mon tumblr. Make yourself at home.


#733

Me fait penser à quelqu’un…


#734

C’est le calme plat sur ce topic alors qu’Avengers bat tous les records.

Au passage, sympathique billet de Scott Kurtz sur Jack Kirby, Stan Lee et l’héritage d’Avengers. Son propos fait sens.


#735

Tiens, j’avais manqué ton post shortpacked : c’est d’autant plus vrai depuis le meme “Ignore Hitler”, né après ton post il me semble bien.


#736

Oui mais c’est rapport à Kamui, qui fait ça depuis le début ! Ça rend fou !


#737

Haha, merveilleux.
Vivement que ce truc débarque sur une machine un peu plus répandue et accessible que les smartphones.


#738

Trailer: http://uk.gamespot.com/injustice-gods-among-us/videos/injustice-gods-among-us-announcement-trailer-6379451/

Autrement dit, l’intro de UMvC3 + “on est jaloux de Ironman dans les films” + tout le monde a les mêmes animations habituelles dans MK + Hey, c’est cool le gimmick de DoA + Wow, vous avez déjà entendu parler de ce truc, DBZ ?

Ça a l’air bien, dis donc.


#739

Rocket Racoooooooon!!!


#740

Pédophiles et weirdos du monde entier, réjouissez-vous, les autres, fuyez: