Le topic des lectures


#1441

Alors j’ai acheté le premier volume papier et je suis très déçu, quand on le feuillette ça vend du rêve mais au secours les articles de surface ! “Hey, et si on parlait des cartes aux trésors, c’est cool !”, oui, mais les auteurs s’émoustillent plus eux même qu’ils ne rentrent vraiment dans le sujet, et globalement, tout le reste est du même acabit, les BD sont nulles, les extraits choisis sont chiants… quelques articles relèvent le niveau cependant, notamment l’entretient de Pierre avec le chef décorateur d’Heavy Rain que j’étais ravis de lire car c’est son travail qui m’avait le plus plu dans le jeu. Globalement j’ai aimé un tier des 273 pages, c’est pas mal mais j’espère que le prochain sera mieux.


#1442

Reçu également, pas encore eu le temps de m’y mettre. Merci pour le retour !

J’étais content de voir les article sur K.Dick, Cobra et la nouvelle de David Calvo mais les comics/BD n’ont effectivement pas l’air incroyables. A vrai dire, je suis un peu déçu par la forme en général, c’est propre mais le site pousse tellement les potards. Quant au fond, j’imagine que c’est le genre de revue pop-corn à picorer, qui donne pleins de pistes à travers des sujets de surfaces, au lecteur de creuser par lui-même…

Est-ce qu’il y a un jeu meta par rapport au sujet ? Un trésor à trouver en croisant les articles ?


#1443

Alors oui ça reste parfois en surface, et il y a une paire de papiers que je trouve mauvais. Mais les articles sur Zelda, Metropolis, l’île au trésor japonaise, la conquête de l’ouest, Clark Ashton Smith, K. Dick, et Interstellar/Lost City of Z sont intéressants je trouve. Même si celui sur Zelda (par ex) aurait mérité bien plus de pages.

Après ouais les BD sont bof, sauf celle de Quitely bien sûr. Et je suis déçu de ne pas retrouver dans le n°1 une excellente nouvelle de Stéphane Beauverger dont la première partie figurait dans le n°0 (seulement diffusé en interne). J’espère que Beauverger sera dans le n°2 ou 3.

Merci ! Dommage que l’icono soit foirée : des images minuscules, manquantes et/ou non légendées, une légende répétée deux fois…

Je suis assez content aussi de mon entretien avec Rémi Chayé, le réal de l’excellent Tout en haut du monde. Si son nouveau film d’animation, Calamity, vous intéresse, j’ai mis sur Twitter un encadré qui a été coupé et qui est consacré à son financement. Le film sort en 2020, ils visent Cannes. J’ai hâte, et j’espère que cette fois-ci, Chayé rencontrera le succès public qu’il mérite.

Je crois que c’est l’idée, mais je dois t’avouer que je n’ai rien compris ^^


#1444

Je crois qu’il y a un truc dans le genre ouai, mais je n’ai plus le temps pour ces conneries.

J’avais acheté le premier volume de l’exégèse de K.Dick, ils parlent de ça, mais le livre m’était tombé des mains, je n’étais pas arrivé à me passionner très longtemps pour les élucubrations d’un mec défoncé jusqu’à la moelle, une fois qu’on passe le cap de “si ça se trouve la drogue permet d’atteindre un autre niveau de conscience”, on arrive très vite à “ok, en fait ce type racontait n’imp en permanence”. Il en a tiré de très beaux livres mais ses pensées personnelles…


#1445

Sinon j’ai aussi craqué mon slip sur la revue Reliefs, un volume = un thème, j’ai pécho Galaxies, Abysses, Mer et Ciel, et ça a l’air topissime. Retour dès que je m’y mets.


#1446

J’ai hésité avec le topic rétro, finalement je mets ça là, vu que ça comporte pas mal de recommandations bibliographiques : intéressant appel à une autre histoire du jeu vidéo, moins occidentalo-centrée.


#1447

Il y a à boire et à manger dans le dernier Humble Bundle de bouquins mais on y trouve le Big Bad Book of Bill Murray ainsi que le Sherlock Holmes Handbook et le recueil de trivia Secret Lives of Great Filmmakers.


#1448

Bonjour

J’ai tendance à me méfier des romans biographiques. Non pas que je les trouve inintéressants, mais l’aspect romanesque a souvent tendance à dénaturer la portée historique de l’ouvrage. Et puis j’ai lu Kong, livre de Michel Le Bris et fruit de 8 ans de travail qui narre les aventures des réalisateurs du King Kong de 1933, Ernest Schoedsack et Merian Cooper, et sa démarche m’a semblé tellement naturelle que je me suis laisser emporter.

1912, entre deux histoires de son détective fétiche, Conan Doyle signe le premier opus des aventures du professeur Challenger, The Lost World, l’histoire d’un scientifique qui prétend avoir découvert une île peuplée de dinosaures. Le livre sera porté à l’écran 13 ans plus tard grâce aux petites mains du père spirituel de Ray Harryhausen, Willis O’Brien. Ce dernier s’était déjà attaqué aux films de dinosaures avec The Dinosaur and the Missing Link, court métrage en stop motion réalisé en 1915, ainsi que The Ghost of Slumber Mountain, film de 40 minutes mélangeant stop motion et prises de vue réelles et dont ne reste aujourd’hui qu’une petite moitié. Il faut croire que, malgré leur succès, ces deux films n’ont pas eu le même impact que The Lost World puisque, en 1922, au lendemain de la projection d’extraits de ce dernier dans une salle remplie de magiciens, en présence de Houdini, Conan Doyle ou encore Cooper, le New York Times se fendra d’une Une illustrant bien la crédulité des spectateurs. En introduisant cette projection privée, le Sir écossais s’est bien gardé d’indiquer à ses spectateurs que ces dinosaures n’étaient pas réels, laissant planer le doute chez ceux-ci non seulement quant aux images qu’ils venaient de voir, mais aussi quant à la véracité de ce qu’il décrit dans son propre roman.
L’adaptation cinématographique de The Lost World s’inscrit dans la droite lignée de ces films carte postale qui mettent en scène des peuplades oubliées, évoluant dans un cadre exotique à 1000 lieues d’un monde occidental en constante effervescence technologique. Il y a ajoute cet élément extraordinaire que reprendront Schoedsack et Cooper, lesquels compléteront cette recette avec le mythe de la Belle et la bête, référence citée à plusieurs reprises dans le film lui-même. En plus des fortes similitudes scénaristiques entre les deux oeuvres (une île, des bestioles, des occidentaux qui débarquent et ramènent chez eux un spécimen), les deux hommes iront jusqu’à s’adjoindre les services d’O’Brien qui, comme sur The Lost World, se chargera d’animer ces créatures d’un autre âge.

1912, c’est aussi l’année de fondation de Keystone, studio fondé par le “King of Comedy” Mack Sennett chez qui feront leurs premières armes aux cinéma Charlie Chaplin et Schoedsack, alors simple caméraman. Ce dernier aurait pu poursuivre pépère sa carrière à Los Angeles mais il décide de partir filmer la guerre, y rencontrant son futur camarade Cooper, un as de l’aviation échoué dans un Vienne où le temps semble s’être arrêté et débutant ainsi une aventure à faire passer King Kong pour un film de vacances. Leurs chemins se sépareront à plusieurs reprises et croiseront ceux d’autres personnalités, de Marguerite Harrison, journaliste, espionne et fondatrice de la Society of Woman Geographers, à David O. Selznick, futur producteur de King Kong, Autant en emporte le vent ou encore les premiers films de la période américaine d’Hitchcock.

A la fin de la lecture, un mystère demeure : comment deux hommes, témoins directs ou indirects de quelques uns des pires événements de l’Histoire de l’humanité (guerres, massacre des arméniens) et subi eux-même quelques petits tracas personnels (prison, maladie, conditions climatiques extrêmes), ont pu accoucher d’une telle icône du divertissement ?

PS: Wikipedia a eu la bonne idée d’héberger en son sein les films muets évoqués ci-dessus, notamment The Lost world dans sa version restaurée en 2001. Cliquez sur les liens pour voir les films.

PPS: j’ai menti sur un point, j’ai une autre interrogation : The Lost world a t-il eu une quelconque influence au Japon ? J’ai souvent entendu parler de King Kong pour Godzilla, mais jamais de Lost World. Il y a bien des oeuvres portant le même nom, je pense notamment à la BD de Tezuka et au jeu de Capcom (qui, comme Side Arms du même Capcom, passe au singulier dans sa graphie japonaise), mais c’est un titre tellement générique qu’il est difficile de faire le lien sur cette seule base.


Toute ressemblance avec le logo d’une célèbre série de RPG japonais serait purement fortuite


Bonus : la lecture du livre s’étant faite sur quelques semaines, j’en ai profité pour voir les 3 versions de King Kong, de l’original de 1933 à la version de Peter Jackson de 2005 en passant par la production Dino de Laurentiis de 1976. Je vous dirais bien que c’est par élitisme que je préfère la première version, mais la vérité c’est que les deux autres films ne m’ont pas vraiment emballé.
Le film de 1976 perd de sa portée mythologique en faisant de la belle un bête MacGuffin dans une histoire d’amour à sens unique et en introduisant une compagnie pétrolière dans une histoire qui comptait déjà bien assez de méchants humains. A la fin, c’est toujours l’humanité qui gagne en exterminant une espèce de plus dans un safari aérien qu’on peut interpréter de 50 façons différentes - c’était aussi le cas dans le film d’origine où Cooper menait lui-même l’assaut dans son avion.

Quant à la version de Jackson, si elle cite à plusieurs reprises l’originale (notamment lors de l’affrontement entre le singe et le T-Rex), ainsi que l’un de ses créateurs (Cooper), elle choisit d’étaler son histoire sur plus de 3h sans pour autant développer ses personnages ou leur donner des répliques un tant soit peu mémorables. Si la réalisation pouvait faire son effet à l’époque, le 2e épisode du Hobbit (de loin le meilleur des trois) est depuis passé par là et a enfoncé la concurrence avec la mise en scène du dragon Smaug dans des jeux d’échelle proprement vertigineux.
Difficile aussi de ne pas comparer le film de 2005 à Jurassic Park, qui s’inspire aussi bien de Lost World que du 1er King Kong. Si le film de Spielberg (et le roman de Crichton avant lui) est un film d’aventure où chaque nouveau dinosaure est une découverte voire un émerveillement, le second fait de ses créatures de simples pièges, comme si l’histoire d’amour entre Kong et sa belle ne suffisait pas à faire ressortir la part d’humanité de cet animal.


Hors-champ, une jeep.

De manière générale, j’ai un problème avec King Kong. Je comprends bien que Carl Denham fait du gorille une sorte de trophée personnel, mais j’ai toujours l’impression que les dinosaures sont relégués au rang de figurants qui ont attendu des millions d’années sur une île et auxquels on ne prête plus guère d’attention une fois effectuée la capture du gros singe.


Bo-Bonus : en parlant de descendant de cette mouvance de récits d’aventure avec des streums, et parce que j’ai le nez plongé dedans, je me suis demandé si Prehistoric Isle citait ces films ou se contentait de leur rendre hommage à la louche. Sachant que le jeu de SNK prend place dans le triangle des Bermudes sur une île dont le nom désigne généralement la forêt amazonienne ou son équivalent (notamment dans le film Green Hell de 1940) et que SNK n’avait déjà plus rien à prouver en matière de décalquage, je penche plutôt pour la seconde option.

A noter que l’ile de Greenhell est aussi le nom d’un niveau de Samurai Shodown II.


#1449

Tu crois que l’on pourrait ajouter “Bermuda Syndrome” dans la liste des influencés ?


#1450

Je pense que pas mal d’œuvres ont fait du “King Kong sans King Kong”, se contentant de reprendre l’île, les dinosaures et la demoiselle en détresse, ce qui a tendance à rendre difficile la distinction entre les 2 titres. Mais en l’occurrence, ce plan me fait plutôt penser à King Kong, au moment où la belle est offerte en sacrifice au singe :

Cela dit, je n’ai pas fait le jeu.


#1451

OK, mais c’est dans lequel des trois que King Kong affronte MechaniKong ? Parce que c’est de facto celui-là le meilleur.

Plus sérieusement, je ne sais pas si The Lost World a influencé la Tokusatsu, mais vu l’âge du staff qui a lancé la mouvance de la SF au cinéma dans les années 50, je trouve logique que des gamins des années 30-40 ait eu plus facilement l’occasion de voir King Kong, plutôt qu’un film sorti presque une décennie plus tôt. Un bon exemple de ce gap générationnel est Tezuka, qui a lui explosé à l’après-guerre, donc une décennie avant l’émergence de la Tokusatsu : son manga Lost World est clairement inspiré par le film, tout comme Metropolis est inspiré par le film du même nom (sorti en 1927).


#1452

Je ne sais pas ce qu’il en est de Lost World, mais concernant Metropolis, il semble que Tezuka n’avait vu que l’affiche du film quand il a réalisé sa version (en tout cas la première… je ne sais pas si c’est exactement celle qui est publiée actuellement, vu son habitude de repasser sur ses anciennes oeuvres). C’est donc bien une inspiration plutôt qu’une adaptation.


#1453

En fait il s’agissait d’une photo de la scène où le robot est activé, pas une affiche. Sinon, pour autant que je puisse en juger, il n’a jamais redessiné Metropolis pour une nouvelle parution.


#1454

Je jetterai un coup d’oeil au livre de Tezuka à l’occasion. J’avais lu je ne sais plus où que le film et sa BD n’étaient pas liées, mais la formulation était peut-être ambiguë.


#1455

Voilà c’est ça. Mais n’ayant jamais vu le document en question, je ne sais pas s’il figurait en illustration d’un texte sur le film qui aurait pu l’inspirer également. Evidemment cela ferait moins “légendaire”.


#1456

J’avais lu je ne sais plus où que le film et sa BD n’étaient pas liées, mais la formulation était peut-être ambiguë.

Ce n’est pas le même synopsis puisque ça se passe à l’aube du fantasme de la conquête spatiale, et donc Tezuka rajoute par dessus une histoire de visite de planète X sur laquelle se trouve les dinosaures, mais les scènes comme le bestaire, sans parler du titre, laissent peu de doute quant à la source d’inspiration de Tezuka (ne serait-ce qu’un poster évocateur comme pour Metropolis).


#1457

Merci, cela confirme ce que je pensais.

Pour le jeu je ne sais pas si cela a bien vieilli mais j’avais beaucoup aimé à l’époque sur mon 486 DX4 100Mhz ça avait un petit gout de “Flashback” pas désagréable du tout