Le topic des reviews ciné


#6781

Et merde.

J’irais le voir vendredi quand même, mais quand la promo est aussi forte le film est généralement naze.


#6782

Je suis allé voir Ghost in the Shell hier soir et bien qu’il ne soit pas super mauvais, ça n’est pas un bon film non plus. Je trouve que les 20-30 dernières minutes environ (une fois que

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la section 9 se réveille

) sont nettement plus dans l’esprit mais c’est dommage qu’il faille regarder un mauvais remake de Robocop avant. C’est très américain comme adaptation, dans le sens où c’est super simplifié, toute la subtilité est perdue mais qu’il y a quand même toujours quelqu’un pour expliquer les bouts qui pourraient demander d’exercer sa capacité d’interprétation (mention spéciale à Binoche qui case “ghost” et “shell” dans une phrase au major dans les dix premières minutes). Pour quelqu’un qui est supposée être le futur des super-flics le major est présentée comme rudement vulnérable (un coup de taser et hop, au sol, et elle se fait avoir plusieurs fois). L’univers est bien rendu mais survolé. La section 9 multiculturelle a l’air cool mais vu qu’ils ont 40 secondes de dialogues combinés à part Batou et Aramaki leur potentiel est gâché. Kitano est visiblement en vacance et il parle japonais même dans la version US, j’ai pas trop compris pourquoi, et il est plus Kitano qu’Aramaki (il a droit à son gunfight, ce qui est totalement hors personnage). Par contre j’aime bien Batou (les gens s’énervaient sur les yeux mais ils sont bien là).

En parlant des trucs sur lesquels les gens s’énervaient, je pense que le film mérite son accusation de blanchiment pour le major vu qu’en fait sans trop aller dans les détails c’est pas juste “dans cette version c’est une blanche” mais bien “c’est une japonaise jouée par une blanche”. Quoi d’autre… c’est vraiment basé sur la version d’Oshii, bien qu’il y ait des emprunts nominatifs au manga et à SAC second gig, d’ailleurs ils ont

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le chien

et une référence à Avalon. Et en fait tous les meilleurs plans sont des citations directes du premier film. C’est impossible de ne pas comparer les deux, et c’est le premier qui gagne. Je l’ai déjà, dit, c’est vraiment très américain, avec ce que ça apporte comme gros sabots et comme personnage principal en tant qu’underdog victime d’une conspiration.

Ceci dit comme je disais au début je ne le trouve pas très mauvais, juste moyen et à côté de la plaque.

Cela date un peu, mais profitant d’un passage en france il y a quelques semaines j’ai enfin vu Kimi no na wa et ça, c’était vraiment super.


#6783

Dès les premières minutes, on a l’exemple type du parti-pris abrutissant de ce navet et de sa propension à prendre ses spectateurs pour des demeurés : les câbles sur lesquels se branchent les personnages ont des petites lumières oranges et bleues animées pour qu’on voie bien “monter” les données qu’ils “sirotent”.

Mais par delà la débilité du traitement scénaristique, ce qui m’a le plus déçu, c’est la laideur et le mauvais goût esthétique du film. J’espérais vaguement que voir en 3D les scènes emblématiques des précédents films puisse sauver le truc, mais c’est raté.


#6784

Espérons qu’Hollywood en tire les conclu-HOT OFF “GET OUT,” JORDAN PEELE IS BEING COURTED TO DIRECT “AKIRA” FOR WARNER BROS. (EXCLUSIVE) eeet merde.


#6785

Abuzeur, t’abuse.

Mais merci quand même, car grâce à ton commentaire je m’étais préparé à une chiasse, ce qu’il n’est pas du tout. C’est juste un film hollywoodien très moyen, dont on sort sans vraiment savoir ce qui n’allait pas, mais que j’aurais beaucoup de plaisir à revoir à la télé ou dans l’avion. On se gratte la tête 2 minutes et on fini par trouver des trucs à redire, mais rien qui ne fasse vraiment honte à la licence, l’honneur est sauf.

Alors oui tout est survolé, mais depuis qu’on est biberonné aux séries ultra denses je n’oublie jamais que les films sont incapables de rivaliser sur 1h45 de contenu.

Il est formaté, la musique ne sert à rien (mais c’est quand même sympa d’avoir repris le thème en générique de fin), le sound designer s’est contenté de piocher dans des banques de sons random mais rien de méchant, j’ai même parfois beaucoup aimé la photo et le cadrage. Alors ouai, les meilleures scènes sont toutes pompées sur celui d’Oshii mais ils ont fait ça proprement, le combat dans la flotte est tout à fait correct, sauf peut-être sa pose finale “nichons” un peu trop abusée, mais n’oublions pas que Shirow est un gros pervers.

Les plans larges de la ville sont cheaps, mais dès qu’il y a un immeuble c’est magnifique, ils m’ont donné envie de retourner à Hong Kong ces cons !

Alors non, pour le coup je valide complètement leur pirouette ! Dans tous les autres films ça serait naze, mais il ne faut pas oublier que Motoko est une personnalité japonaise dans un corps random, donc ils sont perchés les gars, vous pouvez rien faire. EN PLUS, il lui refile son vrai nom/prénom en plein milieu ET on voit très bien dans cette scène qu’il s’agissait d’une japonaise avant sa transplantation donc j’accepte volontiers ce compromis de boite de prod.

Pour Batou c’est pareil, ses yeux arrivent après et au final ça passe.

ça manque juste de scène de hack et de prise de tête dans les réseaux, mais tout est en place pour un 2 avec le puppetmastaz et des tachikomas, prenez mes sous.


#6786

Tu oublies surtout qu’Oshii le faisait très bien sur 1h22.

Sauf que le reproche est qu’alors que leur ligne de défense était “de toute façon ça n’a pas besoin d’être une japonaise”, leur bricolage monstre justement que si, ça avait besoin d’être une japonaise mais qu’ils n’avaient pas les tripes de prendre même une ricaine un peu bridée parce qu’ils pensent que ça fait peur aux gens. Avoir besoin de chercher une excuse, c’est déjà du whitewashing. C’est comme pour le futur remake live de Mulan où ils ont déjà trouvé un prétexte pour avoir un homme blanc à mettre devant la chinoise sur l’affiche.


#6787

C’est moralement naze mais raccord avec GITS.


#6788

Passons de GITS à WFTPOTA avec un premier trailer pour la préquelle de Donkey Kong Country.

https://www.youtube.com/watch?v=JDcAlo8i2y8


#6789

Idée au pied du lit et sans avoir pris de café: pas vu le GITS et pas envie de le voir mais:

Mais ça me semble plus une excuse naze qu’autre chose. Je suppose d’après diverses critiques que ce n’est pas le cas, mais une exploitation qui serait bien plus en raccord avec GITS serait que Kusanagi change de corps et de visage de manière régulière (un corps “assaut”, un corps “infiltration diplomatique”, un corps “prof d’uni” etc…), pour montrer que l’humain n’est pas définit par son corps. Et brouiller les pistes en la rendant plus agressive/suave/philosophe suivant le corps utilisé.


#6790

Ben ouai ça serait top, mais impossible pour un film hollywoodien qui mise tout sur un nom bankable. En revanche c’est parfait pour une série qui peut se permettre de changer d’acteur quand ça lui chante (salut Dr Who), le cinéma US est une industrie qui fait des “coups”, c’est moche mais pas prêt de changer, tout ce que je leur demande c’est de respecter le cœur de la licence et de se casser un minimum le cul pour trouver une excuse.


#6791

PetitPrince, tu rigoles, ça va jamais aussi loin dans quoi que ce soit. Son arc scénaristique dans le film est vraiment celui de Robocop pris au premier degré et sans l’acier trempé (et sans expérience, vu que c’est ne petite nouvelle avec seulement une année d’expérience dans le film), du coup elle a le premier corps cyber fonctionnel de l’univers (en fait même l’implant qui permet de causer directement par radio est un truc tout fraîchement adopté par la section 9 dans cette version), dont le seul bénéfice visible est le camouflage optique vu qu’elle se bat pas mieux que ses collègues et est la seule à se faire taser comme si tous ses adversaires avaient fait Deus Ex en stealth, et a une nounou qui fait les gros yeux à la section 9 à chaque fois qu’elle fait un truc intéressant parce qu’il ne faut pas l’abîmer. Et même pour le camouflage optique, citation des originaux oblige, on découvrira bientôt qu’on peut juste en vêtir un en imper plutôt que l’avoir dans la peau. Oublie l’idée même d’échanger des morceaux. Et niveau psychologique, idem, elle est est juste à la phase archétype de victime de conspiration SF américaine, trouver son passé pré-amnésie. Du coup, à cause même de la manière dont ce major est construit, physiquement dans le film et en tant que personnage, il est impossible de lui faire faire ce genre de pirouette. Elle, son monde et l’équipe du film ne sont de loin pas assez à l’aise avec la notion de corps cyber pour même l’imaginer.

C’est aussi le problème que j’ai avec l’argument d’Ono. OK, la fiction du film et de son matériau source permettent le whitewashing, mais justement ce qu’on reproche à ça est d’être moralement naze (parce que c’est ça le whitewashing, chercher l’excuse pour ne pas avoir à directement admettre qu’on n’aimait pas la couleur), pas de ne pas coller avec GitS, mais que si on part sur ce qui colle à GitS, quasiment rien d’autre dans le traitement du major ne colle.


#6792

En vérité ça n’est pas la couleur qui dérange les décisionnaires qui valident le casting, c’est les risques sur la maximisation de la thune. Ciné US => industrie => cherche à maximiser les chances de faire un max de thunes, ils ne sont pas là pour faire avancer les mentalités.

Petite anecdote personnelle de mon ancienne vie de journaliste, quand j’étais rédac chef et que je faisais l’interface entre le DA et le big boss sur la validation des couvertures (qui font 90% des ventes, rate ta couv et tu plantes ton numéro peu importe le contenu).

Le boss a son fichier excel avec toutes les ventes des précédents numéros + les couvertures associées : il fait une corrélation directe entre les ventes et le choix de la couverture. Sa théorie était que “les gens de couleur ne font pas vendre”. On s’est souvent battu pour imposer le contraire. Un jour on réussi à le convaincre de changer d’avis sur un numéro. Ça a été la pire vente des 6 mois précédents, on s’est pris une chiasse, et il nous a dit “plus jamais”.

Qui faut-il blâmer ici, le mec qui whitewash parce qu’il veut maximiser ses ventes, ou les gens qui ne vont pas voir un film parce qu’il y a une chinoise sur l’affiche ? Car c’est bien de ça dont il s’agit.

Mon ancien big boss n’avait rien à foutre de la presse “en vrai”, il n’était pas là pour révolutionner le journalisme et faire avancer les mentalités, pour lui ça n’était qu’un moyen comme un autre de faire un max de pognon. Le jour ou quelqu’un de couleur sera bankable, je peux t’assurer qu’il la mettra en couv en boucle.

La société doit changer en premier, l’industrie suivra. Trump est président.


#6793

Sauf que ça se base juste sur la mentalité des producteurs qui ne sont capables de concevoir que ce qu’ils ont déjà vendu, pas celles des spectateurs. C’est comme dans le JV où ils ont peur de faire autre chose que des marines en shooter pendant des années et tout à coup hop, ils sont pris par surprise par le fait qu’un jeu avec une protagoniste ou des cubes pixelisés se vende. Oui mais on n’en avait pas vendu avant. Bah vous n’en aviez pas fait, surtout. Et rien que le fait que l’argument soit “c’est pas la couleur qui dérange, c’est le risque”, ça veut dire que la couleur les dérangent puisqu’ils voient ça comme un risque. C’est une forme de racisme tout à fait insidieux. “Ah bah c’est pas nous, c’est le monde qui est comme ça”.


#6794

Ce que j’essaye de te faire comprendre c’est qu’un producteur sera ce que tu veux si ça lui rapporte de l’argent. Raciste ou pas. Mais c’est pour ça que les indépendants existent.


#6795

Parce que là tu crois que leurs fabuleux choix sont leur rapporter? C’est justement ces volontés de producteursde bas étage qui vont aussi faire bouder le film, en ayant tout formaté en un truc si convenu et peu intéressant qu’on sait depuis la première bande-annonce que seuls les fans de la licence, ceux pour qui ce film n’est pas fait, iront le voir par curiosité mal placée.

Et je le répète, c’est d’autant plus bête que c’est eux qui ont tendu la perche avec leur “si si elle est japonaise mais avec la tête de Scarlett Johansson” (et encore plus vu que dans le film

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le fait qu’ils ont mis Motoko dans un corps qui n’a rien à voir pour effacer l’identité d’une indésirable et se faire de l’argent est présenté comme la pire bassesse, alors que c’est exactement ce qu’ils ont fait avec leur casting

), sinon on n’en parlerait même pas.


#6796

J’aimerais être d’accord avec toi, mais ça n’est pas comme ça que marche l’industrie du cinéma.


#6797

Si c’était pas comme ça que ça marche, on n’aurait pas des choses comme Lord of the Rings ou même toute la lignée “Iron Man et ses amis”, qui se donnent autrement plus de mal pour adapter des trucs (même si je suis tout aussi déçu qu’ils n’en aient pas profité pour prendre Morales and lieu de Parker pour leur nouveau Spider-Man. Mais leur Black Panther par exemple, il ne sera pas joué par un blanc dont on dira qu’il a une âme de noir. Bon d’un autre côté hop, ils ont foiré Iron Fist).


#6798

Moonlight, gagnant des derniers Oscars catégorie fiction. Très sensibles tranches de vie d’un jeune garçon noir, pauvre et gay, au travers de son enfance et son adolescence souffre douleur et sa vie d’adulte. Les trois tableaux sont très bien équilibrés, avec une dernière scène très coup de poing au ventre. Pas de pathos, c’est très âpre sans pour autant être misérabiliste. Aucun refuge possible, si ce n’est temporaire, et quelques adultes qui le tiennent à bout de bras tant bien que mal. J’ai bien aimé, sans pour autant en être ressorti à genoux. Ça tombe bien, car …

… si après ça vous vous sentez d’attaque (j’ai fait double séance), allez prendre une baffe chez I Am Not Your Negro, formidable docu aussi nommé aux derniers Oscars, basé sur un manuscrit inachevé de James Baldwin, et conté de manière parfaite par Samuel Jackson, ambiance 3h00 du mat et 3 paquets de clope plus loin. 300 ans d’histoire d’exploitation, d’oppression et d’aliénation systématique de la minorité noire aux Etats-Unis, mais dont l’effroyable narration pourrait être transposée dans n’importe quel pays occidentale au passé et présent un tant soit peu crapoteux vis à vis d’une minorité locale (ahem). J’en suis ressorti honteux, révolté et complètement abattu. Mais wow, quelle claque.

Allez, semaine prochaine Get Out et j’aurais fait la boucle question antagonisme raciale de ce trimestre.

Faut aussi que je vois O.J.: Made in America, il parait que c’est fou également. J’ai vu il y a quelques mois la fiction-docu sur le même sujet de American Crime Story qui m’avait bien mis mal à l’aise. Surtout en tant qu’Européen n’ayant pas vraiment expérimenté de première main avant la réelle et présente tension entre communauté blanche et noire aux US.


#6799

Je suis allé voir GITS à la Villette dans une salle 4DX. Les sièges sur vérins hydrauliques bougent à chaque mouvement de la caméra (et j’ai dû m’accrocher pour rester dessus à la moindre explosion)… Les bruits de balles fusent comme des frelons à travers les jets d’airs situés au niveau de l’appuie-tête… Des giclées d’eau viennent ponctuer la moindre scène de pluie (au point où je les redoutais, d’autant qu’à la fin, nous étions aspergé d’une sorte de liquide vaisselle)… Les soufflerie s’activent pour les scènes en plein air/vue de haut… Un projo éclaire la salle quand il faut et les explosion sont aussi devant l’écran (façon concert)… Et la 3D était floue sur les sous-titres !

Le film fut une purge pour moi — je ne m’attendais pas à un tel ratage artistique — mais le fait de le voir dans un Space Mountain mal réglé a dû jouer pas mal. Tous les effets étaient à balle, bourrins à l’image du film, et c’est dommage car le principe a un potentiel énorme. Je paierai cher pour voir 2001 ou koyaanisqatsi avec ce dispositif.

(Quelqu’un a-t-il vu The Lost City of Z ?)


#6800

(Nope, mais le bouquin était formidable. Haaaa c’est fait par James Gray, ok vendu, ça sort dans 3 semaines au Canada)