Le topic des reviews ciné


#6981

J’ai quand même pris soin de linker une vidéo qui explique l’une des (nombreuses) raisons pour lesquelles c’est un maître…

Pas le temps de détailler sur autant de films mais pour résumer :

  • la capacité de Spielberg (et de son chef op Janusz Kaminski) à exprimer visuellement les thèmes, les enjeux et les émotions des persos (ce qui est le job de n’importe quel réal, mais ce que bien peu de gens savent faire)
  • l’humanisme à la Capra, qu’il faut quand même être fort cynique pour confondre avec de la guimauve, d’autant que ces films ne manquent souvent pas de rugosité et d’ambiguïté (je pense notamment à certains plans de Munich et Bridge of Spies)

Pour moi Tintin est presque ruiné par son climax long, stupide et totalement hors-sujet (le combat de grues).


#6982

Fair enough.
Au moins tu as un fil conducteur pour apprécier tous ses films du coup.
Perso je ne crois pas qu’il y ait un cinéaste contemporain dont je puisse soutenir inconditionnellement tout le travail de cette manière.


#6983

Je me joins au concert de critiques envers Ready Player One, moins pour apporter une branchette de plus à ce bûcher déjà bien allumé que pour subrepticement me familiariser avec l’interface d’écriture de discourse, qui a l’air très souple et intuitive mais je m’égare.

D’un pur point de vue formel, et si l’on retire cette espèce de fascination étrange, quasi morbide, pour l’esthétique CGI rondelette fluo et yeux d’elfes du début des années 2000 (au secours), le film est quand même remarquablement filmé, que ce soit le montage alterné impeccablement fluide des scènes IRL et en CGI ou les plans-séquences complètement fous dans le jeu.

Pour le reste, j’ai eu l’impression assez agaçante que le film cherchait à m’amadouer en m’offrant des pochettes Panini trouvées en vrac dans une brocante sans chercher à savoir si j’en voulais, si elles allaient dans mon album, ni même d’ailleurs quel était le concept des images Panini. En fait, cette espèce de volonté farouche de brosser dans le poil à grands coups de placements produits grossiers absurdes ce truc abstrait qui serait le gameur m’a semblé passablement navrant, le film se contre-foutant de savoir s’il parle à quelqu’un en particulier ou à tout le monde, mélange des références Atari avec Overwatch dans le plus grand des calmes. C’est une espèce d’inventaire à la Prévert complètement absurde, qui en miroir, donne je trouve l’impression d’un film incroyablement daté et éloigné de son sujet. Franchement, qui aurait l’idée de faire un film sur la musique en jetant dedans en vrac Oasis, Eminem, Nine Inch Nails, Justin Bieber et Grandaddy, en pensant sérieusement être bien reçu ?

Bref, non seulement ce film m’a terriblement agacé mais il m’a rendu les gens qui l’ont apprécié pour ses références inquiétants et antipathiques. Je passe sur la morale du film, qui me conforte dans l’idée que mon grand-père m’aurait fait la même en m’offrant un jeu électronique Tiger en me grondant d’avance d’y jouer alors que non, merci, papy, en fait.

Je conserve tout de même une part d’affection pour la question du rapport du créateur à son oeuvre, mais à ce niveau là de lecture on se contre-fiche complètement de l’objet du film, c’est juste Spielberg qui parle de Spielberg vieux en tentant de s’adresser à ceux qui ne le regardent plus. Comme le dit très justement Eurogamer :

Video games, says Ready Player One, Hollywood loves you really - it just loves itself a little bit more.


#6984

Ce n’est pas mon cas hein (et tous ses films ne convoquent pas Capra).

D’ailleurs je n’aime pas Ready Player One. L’histoire d’amour est abominable, et même si le film a un certain mordant “politique”, il passe à côté de son “vrai” sujet, à mon avis : la décroissance ^^

Oui c’est risible…


#6985

Enfin vu Ready Player One, je comprends un peu mieux les commentaires , et comme beaucoup de choses ont été dites avec lesquelles je suis d’accord, je ne vais pas les redire. Mais dans l’ensemble je suis mitigée sur un point, je ne sais pas si j’aime ou pas. C’est le côté fan service. D’un côté j’ai bien aimé, parce que j’ai pu reconnaitre beaucoup d’éléments de la culture pop que j’apprécie. Mais d’un autre côté, il y en avait beaucoup trop, et beaucoup qui ne servait à rien.

Spoiler

(pour la dolorean, ça aurait pu être une autre voiture c’était pareil, pour le gundam de même, un autre robot aurait fait l’affaire)

Finalement, j’ai plus passé mon temps à repérer tous les univers intégrés dans le film qu’à suivre l’histoire qu’on a déjà vu un milliard de fois.


#6986

Ben c’est un film sur un Second Life super sophistiqué où les gens choisissent des avatars en rapport avec leurs goûts. Et ca se passe dans notre futur. Donc le fan service est entièrement justifié par la diégèse, non ?


#6987

Bon, ça a pris 1 an, mais 120 BPM est enfin sorti dans mon pays de merde, et l’attente valait le coup.
Ça retranscrit vraiment bien l’ambiance de l’époque, c’est joué à la perfection, et malgré le sujet “ultra réaliste”, y’a de vraies idées de réalisation et de mise en scène (notamment la scène de la veillée funèbre, débordante de vie, une réussite)(ah oui parce que spoiler y’a des gens qui meurent).
Y’a surtout une vraie volonté de ne pas faire un film sinistre, c’est très drôle, et surtout y’a une direction “la vie continue” après chaque drame qui est directement héritière de l’esprit Act Up de ces années là.
Y’a pas vraiment besoin de connaître le contexte (quand on connaît, on peut se dire “ce personnage est probablement basé sur untel, lui est clairement inspiré de untel”, mais c’est pas une grille de lecture nécessaire). Y’a guère que l’affaire du sang contaminé qui est introduite sans explication, et qui risque peut-être de dérouter les gens qui ne connaissent pas. Le reste coule de source.
Bon, pour un film sur Act-up, c’est pas très punk. Y’a un côté très premier de la classe, tout le monde a droit à son moment (à part les trans qui n’ont qu’une phrase token, et les putes dont on parle mais qu’on voit pas ; cela dit je crois que le mec en charge n’était pas encore out en tant que pute à l’époque donc peut-être que c’est fait exprès). Les lesbiennes en particulier sont bien mises en valeur, les actrices sont formidables, et la mère de l’hémophile est top aussi. Enfin, tous les acteurs sont top de toute façon.
Le plus gros problème est le fait qu’ils n’aient pas nommé le labo (Roche) en le remplaçant par un “Big pharma” inventé. Je peux comprendre les raisons légales, mais ça surligne aussi en creux un des éléments du film: que les méthodes du groupe non-violent de 1992 sont perçues comme ULTRA VIOLENTES en 2018. Dans un monde post-2001, la force répressive de l’état a décuplé quand on avait le dos tourné. C’est sans doute l’élément le plus déprimant du film, au final.

En tout cas, c’est un film qui est infiniment meilleur qu’il avait aucun droit de l’être, à tous les niveaux.


#6988

Je suis d’accord que ça fait partie de l’univers. Ce que je reproche avant tout c’est que le film essaie de nous en donner beaucoup en 2h. De plus, les personnages ne peuvent s’empêcher de dire les références. Je veux bien que tout le monde ne connaît pas forcément tous les univers de la pop culture, mais ce n’est pas naturel de se balader dans la rue et de dire toutes les deux minutes: “Il y a Batman. C’est la moto d’Akira. C’est le perso de ça, de ci.” etc. Si cette deuxième vie est leur quotidien, alors tout le monde connaît la provenance des personnages “fictifs”. Ce qui rend leur comportement pas du tout naturel.
S’ils ne le faisaient qu’une ou deux fois, ça passerait. Mais comme il y a énormément de références que le public ne connaît peut-être pas, ils sont obligés de le faire.


#6989

La deuxième partie est sortie avant-hier. Même si on ne connaît pas beaucoup l’oeuvre du bonhomme, c’est passionnant.


#6990

Un mec au verbe hilarant et à la culture certaine fait des “reviews” de nanard dans un format absolument irrésistible sur Youtube. Il n’a pas encore beaucoup d’abonnés ni de vues, et je ne me l’explique pas…


#6991

Merci pour cette chouette découverte. C’est effectivement étonnant qu’il ne soit pas très populaire pour l’instant, il est assez peu présent sur Twitter en tout cas.


#6992

Pareil, je le trouve plus drole que le podcast Kumite qui retrace les films de Van Damme sorti recemment. Une bonne decouverte, merci


#6993

Un ami cinéphile américain m’a parlé d’un nouveau service de streaming apparemment top : FilmStruck

A la manière de Mubi (mais avec plus de choix, des special features et moins de daubes art et essais franchement craignos), FS diffuse du Grand Cinéma en super bonne qualité, comme le Dersu Ouzala de Kurosawa en 1080p, introuvable dans le commerce.

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Le service est géobloqué en dehors des US mais il y a apparemment moyen de feinter via VPN (jusqu’à quand ?). Je teste ce week-end, ne serait-ce que pour leur collection Criterion !

Edit du lendemain : FilmStruck passe sans prob via mon VPN premier prix sous Opera (Private Internet Access). C’est bien un Netflix de cinéphiles, un gouffre à temps, pointu et respectueux des œuvres (bonii, interviews, commentaires audio même sur certains films). J’espère vivement que ça arrivera en France un jour.


#6994

Je découvre (avec un post sur Coco en jachère) que Discourse ne peut et veut sauvegarder qu’un post en cours d’écriture à la fois dans le même topic. C’est logique mais ça ne m’arrange pas. Bref !

Encore du super taf de Lindsay Ellis, la Boss du Youtube Movie Critic Game, avec cette critique virulente en deux parties des deux films The Hobbit de Peter Jackson. Je vous garantis que c’est intéressant même en ayant rien à foutre comme moi de cette IP, et ça part en couille dans la dernière partie avec un virage assez inattendu mais qui donne une nouvelle ampleur au topo. An Unexpected Journey indeed.




#6995


Vu Seule sur la plage la nuit (joli titre VF) réalisé par Hong Sang-soo, alias le mec le plus busy du cinéma mondial juste après James Franco.
C’est bien simple, depuis qu’il a commencé à travailler avec Kim Min-Hee, il saisi frénétiquement à peu près n’importe quel occasion pour tourner un long métrage. Je suis à Cannes pour le festival ? Hop, je tourne un petit film en deux-deux avec Isabelle Hupert. Ouais, il est comme ça notre Sang-Soo.

Si vous avez déjà vu (ou subi, c’est selon) un film de Hong Sang-soo, vous savez ce qui vous attend pendant une centaine de minutes : de longs plans fixes sur des conversations dans des cafés/bars/apparts entre gens tourmentés et/ou bourrés. Précisément le genre de films dont raffolent les festivals : personnels, dénués de trame et avides de VÉRITÉ. Prout prout. Le problème c’est qu’on n’est jamais bien loin de la torpeur et Ji-geum-eun-mat-go-geu-ddae-neun-teul-li-da, une variation de Bamui, m’avait fait bailler à m’en décrocher la mâchoire.

Hong Sang-Soo ne s’est pas réveillé un matin dans la peau de Michael Bay, par conséquent Bamui haebyun-eoseo honja ne déroge pas à son style ultra réaliste. C’est une nouvelle fois un film personnel qui est le commentaire de ce que Kim Min-Hee et le réalisateur vivent à la ville puisque le film raconte l’amour tourmenté entre une actrice et un réalisateur marié. Un sujet très sensible en Corée du Sud puisque pour rappel, le pays sanctionnait l’adultère d’une peine de prison jusqu’en 2015.

Pour en revenir au film, il ne propose aucun autre enjeu que de filmer les tourments intérieurs de Young-Hee dans des scènes anodines du quotidien.
A priori vous vous dites mouif, sauf que Kim Min-Hee est bien l’atout majeur du film. (André, hoho) Ah-ga-ssi avait révélé sa beauté et « Seule sur la plage la nuit » entérine son talent d’actrice. Le film mérite un coup d’œil juste pour sa superbe performance qui oscille entre l’extrême fragilité et une rage qui n’arrive à s’exprimer qu’après trois bouteilles de soju.


Pro-tip pour les 1000 G : ne pas lésiner sur les rasades de whisky afin d’essayer de finir plus bourré que les acteurs à l’écran.
Difficulté : hardest.


#6996

La bonne déprime le lineup Disney pour 2018-2019.
(Mary Poppins Returns, seriously?)


#6997

Seulement 4 films Marvel et 2 Star Wars ?
Ça va, quoi, les gens qui craignaient la saturation avaient encore peur pour rien.


#6998

Je reviens d’Avenger 3 Infinity War

et ben c’était bcp mieux que le 2, moins bordélique, l’histoire avance bien et pour une fois le méchant (Thanos, je ne spoile rien) est plutot bien écrit/interressant.

Et la fin est surprenante.

Voilà tout ce que je peux sans vous divulgâcher le film.
Oh et voir les 17 films précédents aide pas mal, vu que les références un peu partout (Captain America 1, Guardian of the Galaxy 1, etc…)


#6999

Je viens de voir Thor Ragnarok.
J’ai passé un bon moment, même si j’ai trouvé qu’il y avait un peu trop de baston dans le dernier tiers.

Je vais trouver ça chiant ?


#7000

C’est moins rigolo que Taika Waititi hein
C’est les freres Russo donc la réa est solide, les scene de bastons franchement claires et agréables.

Moi je vote pour que tu aimes bien.
Sachant que le film commence là où Ragnarok s’arrete :slight_smile: