Le topic du Carlton ou de la guinguette du coin


#1

Je crée ce topic pour que l’on partage nos expériences culinaires dans les restaurants les plus divers possibles. C’est pour parler d’un plat étonnant qu’on vous a servi dans la brasserie au coin de la rue comme vos repas dans de grands restaurants.

Je commence avec Cordeillan-Bages, le restaurant de Thierry Marx. Ce dernier a été élu “Chef de l’année” par Gault et Millau. Bref ça promettait d’avance.
On arrive avec notre fils (9 mois) dans la cour de cette propriété à la sortie de Pauillac. On débarque dans la hall avec poussette et cosy et très gentiment (après avoir vérifié notre réservation) on nous invite à prendre place dans l’un des salons privés pour prendre l’apéritif éventuellement (pas d’obligation, c’était toujours très courtoit). Là on déballe nos affaires au milieu des meubles plutôt chicos du salon, on nous amène une chaise haute pour petit bonhomme, on court nous réchauffer sa tambouille en cuisine (on l’avait emmené dans un vulgaire bocal, on nous la ramène dans un joli bol noir nacré) et on commence le repas du petit. Un des sommeliers vient nous apporter la carte, celle des vins et nous proposer un apéritif. Ce sera une coupe de champagne pour nous deux, un rosé millésime 98 pour madame et un blanc de blanc 96 pour moi.
On nous amène alors “la première dégustation” :

De gauche à droite :
-Le bouchon de boeuf sa crème de truffe : bon, sans plus ; je ne sais pas avec quoi était fait la crème mais rien d’exceptionnel
-La crème de mais , la mousse d’herbes et son popcorn : excellent, très frais, avec un gout d’herbes limite sucré (je soupçonne qu’il y avait de la menthe la dedans)
-Le saumon fumé et son curry de banane : premier grand truc, certes tout petit, mais ça explose en bouche ; la banane et le saumon vont super bien ensemble et le curry relève le tout.

C’est à ce moment qu’arrive la baby sitter qu’on avait commandé (j’adore les grands restos!!) et on passe alors à table.

Grande salle rectangulaire coupée en 2 par de grands vases avec des babous, les tables sont très espacées et très grandes (on aurait facile pu manger à 6 sur notre table pour 2)

On avait commandé le menu 2 plats en demi choisis dans la carte, fromage et dessert (60 euros).

La carte est compsée de 5 entrées, 5 poissons et 4 viandes et une petite dizaine de desserts ; c’est donc assez resséré comme carte.

On commence par nous proposer divers pains : pain complet, campagne, baguette, pain aux olives, pain aux noix, miel et raisins (excellent d’ailleurs)… une dizaine en tout.
Et là surprise, la demoiselle qui nous avait servi le pain revient avec un chariot pour les beurres ; j’avais jamais vu ça. Ici 4 choix : doux, demi-sel, babeurre et beurre de brebis.

On nous sert alors “la deuxième dégustation” (la suite des mises en bouches quoi…).

En bas à gauche : Emulsion de porto et anguilles fumées : Génial!!! l’émulsion est légère et sucrée et complète très bien le fumé de l’anguille.
Au milieu en bas : Vermicelles de soja translucide au sésame : excellent , on dirait vraiment des vermicelles de riz mais très parfumés.
En bas à droite : mousse de melon sur gelée d’Izarra : vraiment pas mal mais je dois dire que je suis pas fan du melon transformé… je préfère largement frais.
Au milieu en haut : Concentré de chou-fleur et caviar d’aquitaine : ben ça pète, c’est super bon et très fin, et c’est accompagné (on le vois à peine sur la photo) de galette fines de mais et de chou-fleur.

Ensuite, le premier “demi-plat” est arrivé :

En haut, ma copine avait pris le “bar âge de pierre au cacao”. C’est assez impressionnant à voir servir : on nous amène une brique d’argile, un serveur la casse avec un maillet et sort un paquet marron de la brique. En fait le bar marine dans le cacao puis est cuit dans l’argile. C’est accompagné d’une chantilly de truffe sur un lit de céréale (dont j’ai zappé le nom) et de raisins. L’accompagnement est vraiment exfellent, le plat est par contre, vraiment destiné aux fans de chocolat amer (ce qui n’est pas trop le cas de ma copine).
En bas, j’avais pris le “Turbot à l’huile de l’Ostal et croque au sel, épices et lie de vin”. Au début j’ai vraiment cru avoir fait un super mauvais choix. Il faut dire que j’avais pas fait ce que l’on m’avait dit. La sauce à l’huille de l’Ostal est vraiment super écoeurante. Tout l’art du plat est de rajouter le petit biscuit par dessus qui équilibre les saveurs et tempère grandement la sauce. Bref, dans ce plat il ne faut surtout pas oublier un des éléments. Du grand art.


#2

La suite ! :o


#3

Suite…

Après le premier plat ben … pas le deuxième plat!
On nous sert ceci :

Un risoto sans riz ! En fait, c’est un risotto de soja croutillant et émulsion d’huitre. Ca rend rien en image, mais je peux vous garantir que c’était divin! Le soja sert de base pour le parmesan et fait ressortir son gout.

Là arrivent les 2ème demis-plats :

Bon, là on atteint le sublime :
Pour madame en haut : Spaghetti au ris de veau, cèpes et truffes ; le (oui le seul) spaghetti est enroulé en forme de boule et contient le ris de veau et les truffes (superbe sauces pour les lier d’ailleurs). En ouvrant la boule, la sauce dégouline sur les cèpes. Très joli et surtout excellent, fin…
Pour moi en bas : Filet de boeuf Blonde d’Aquitaine fumé aux sarments, pommes de terres confites au jus à quintessance.
Là je dis stop et je m’agenouille…

Ce plat me fera revenir encore et encore chez M. Marx!!! L’assiette arrive dans un grand morceau de plastique transparent, plein de fumée, un serveur ouvre le plastique et laisse échapper la fumée. En fait dans la plastique, il y a un petit support où brulent des braises de sarment de vigne. Le boeuf est poilé tout simplement en cuisine et est placé dans le plastique avec les braises. Le temps d’arriver à table et la mal est fait : la boeuf a un pris un gout de fumé à TOMBER!!! Je vous promets, j’ai versé ma petite larme de bonheur tellement c’était merveilleux ; ça explose en bouche et ça y reste… (bon en annexe les pommes de terres étaient très bonnes aussi, mais franchement on s’en fout quand on a la viande à coté).

Vient ensuite le fromage : très peu de choix mais que du très bon

Pour moi en bas, cantal (salers) et reblochon, pour madame en haut, tomme de brebis et tomme de chèvre. La seule originalité est la confiture de poivrons rouges qui allait avec la tomme de brebis : vraiment excellent.


#4

Après cette orgasme culinaire, les pré-desserts arrivent :

Il reste plus grand chose des mignardises à gauche… on a pas eu l’idée de faire une photo assez tôt. Mais ils étaient très bons… cela va de soi!!
En haut sous la main de madame , un reste de milk-shake à l’orange et son granité de vin. Sublime, le milkshake est très doux et le granité au contraire très fort, faisant penser à du vin chaud.
En bas à droite, c’est un mille feuille d’aubergine et sa crème à la badiane (anis étoilé) accompagné d’un sorbet au basilic : encore une fois une superbe composition ; l’aubergine est craquante, la badiane juste comme il faut pour ne pas être écoeurante et le sorbet de basilic est comme tous les bons sorbets d’herbes : surprenant!

Pour finir (presque) ce repas, les desserts :

En haut, madame avait choisi les “Tagilatelles de pommes Granny, crème de cardamome, cubes canelle et gingembre, granité citron vert” (oui, oui, il y a tout ça sur le plat). Divin, et ce ne sont pourtant que de simples pommes…
Pou moi en bas, la “Tarte au citron déstructurée” : petite déception, la pate et la crème citron (à gauche du plat) était parfaites mais la meringue (dans le cylindre) limitre trop acide.

Pour finir, nous avons pris le café sur la terrasse


Vue sur les vignes du domaine, un petit café au soleil accompagné de macarons et de caramels…

La vie est belle non??

Je n’ai rien dit sur les vins parce que je n’ai pas les moyens de me payer les bouteilles qui vont avec le repas. On a donc juste pris un verre de vin avec les plats, rien de grandiose, mais quand même très correct.

Le service était franchement parfait, prévenant, sans être trop présent, gentils et souriants, toujours prêts à blaguer ou sourire avec le client.

L’addition est montée vers les 200 euros, mais franchement, venir déjeuner dans ce resto pour le menu à 60 est déjà une expérience exceptionelle. Si on enlève les vins, l’apéro et l’eau en bouteille, ça fait moins de 70 euros par personnes… et ça c’est donné!!!

Allez à plus pour de nouvelles explosions de bide en beauté!


#5

nice!
et ton fiston il mangeait quoi ? Tu lui donnes pas des gouts de luxe quand même ?^^


#6

Fiston, il a eu droit à son habituel, bavette, pomme de terre, petits pois cuisiné avec amour par maman…


#7

Chouette post ! Hesite pas à continuer la prochaine fois que tu manges avec un appareil avec toi :slight_smile:

Edit : wow, full time job pour la purée de bébé.


#8

Super post.

Je me vois juste mal prendre des photos des plats quand je suis dans ce genre d’endroit.

Pour les vins, un truc que j’avais trouvé très chouette lors de mon récent passage chez Alain Senderens, ex Lucas Carton, c’était pas tant les plats que la sommellerie. Une “formule” existait où tu pouvais prendre avec chaque plat le verre du vin qui pinpointait tout ce qu’il fallait dans ton assiette. Au point que pour deux de ces plats, le verre de vin était d’ailleurs offert parceque pour eux, ça ne se concevait pas avec autre chose voilà.
Je ne me souviens plus du détail de tout les zakouskis mais j’en étais sorti avec une impression de puissance de leur sommelier beaucoup plus que de la bouffe, qui, en restant TRES TRES BONNE (et encore heureux j’ai envie de dire) était “niveau grande table” sans rien de mordant particulièrement. Avec tout le cortège maintenant super convenu je trouve des “petits verres remplis de trucs multicouche” (auxquels tu n’as pas échappé)
All in one, SUPER vins, à en chialer, bouffe juste bien.


#9

J’ai entendu parler en effet de la formule “vins-qui-vont-bien-avec-les-plats” de Senderens. Je pense qu’on le fera un jour.
Pour en revenir aux photos, l’ambiance dans le resto était très détendue, il y avait pas mal de familles avec des enfants de 6 à 12-13 ans, un mec s’est pointé en bermuda (no soucy!!)… et c’était le déjeuner : bref rien de guindé et les photos étaient bienvenues (bon j’avais quand même enlevé le flash pour pas déranger mes voisins…).

Quand mon beau père nous avait invité chez Roellinger à Cancale (top du top!!), on avait pas trop osé au début et finalement on a regretté. Ca dérange personne, ça ne peux qu’amuser le personnel et c’est plutôt flatteur pour le cuistot non? :wink:


#10

Seul bémol, ça reste entre les dents visiblement… :smiley:

Très bonne idée de topic, en tout cas. J’emmène direct l’appareil au prochain resto gastronomique qui m’invite.


#11

J’aurais moi aussi du mal à photographier des plats pendant un bon repas.
Pour les macarons avec le café, je recommande Ladurée.

Ce topic me donne faim.


#12

Eté au turc hier (un vrai un pas pseudo kebab), le gros menu gourmet. Trop mangé. J’ai maaaal.
(oui et ladurée, très bien mais cher, je vais au Bonaparte, à deux pas de la Hune)


#13

Hum je crois que ce topic était prévu pour des posts un poil plus longs et descriptifs (au sujet des plats hein, pas de la digestion consécutive).


#14

(trop malade pour taper, mec, là je suis sous upsa… la bonne nouvelle, c’est que j’ai une mutuelle now ! que la fête commence)


#15

Ce topic ne pouvait pas mieux tomber.
Je reviens de quelques jours dans la vallée de la Loire, et je dois dire que j’ai rarement aussi bien mangé pendant trois jours d’affilée.
Malheureusement, je n’ai pas de photos sous la main pour agrémenter mon post, c’était pas vraiment évident de manger ET de prendre tous les plats en photo, surtout le soir dans des restos parfois “chics”. Je mettrais à jour plus tard.

Je n’ai dîné que dans des restaurants gastronomiques midi et soir. En gros, il fallait compter entre 15 et 24 euros, suivant le standing et les menus.
Pour ma part, le choc vient de ce resto : Le medicis.
Hôtel restaurant gastronomique trois étoiles, c’est certainement le meilleur repas que j’ai fait depuis… toujours j’aurais presque envie de dire. Je me suis limité à un menu à 22 euros, qui comprenait un plat, une assiette de fromages et un dessert. La carte du site n’est plus à jour apparement.

De mémoire, j’ai donc dégusté une magnifique pièce de volaille aux épices, avec son petit lit de légumes, suivi d’une assiette de fromages comprenant le brie le plus crémeux du monde, le chèvre le plus frais de la région, et un fromage un peu plus sec mais néanmoins excellent.
Et là, c’est le drame. Pour mes papilles, bien entendu.
J’avais commandé une farandole de sorbets en dessert. Et pour le coup, c’était pas une blague.
Imaginez une assiette creuse ayant dans le fond un coulis de vanille, saupoudré de fraises, framboises, kiwis, et trois sorbets entiers de poire, citron et orange (je crois).
Si vous aviez encore faim, ça ne sera plus le cas après ce dessert. C’est juste le meilleur dessert sans chocolat que j’aie jamais mangé.

Faisons la petite description du resto lui-même : trois serveurs en tenue qui vous remplissent votre verre dès qu’il menace d’être vide, la cave à vin la plus fournie de la région (la carte des vins faisait plus de dix pages, en caractères taille livre poche), un décor très sympathique, une armoire à liqueurs à tomber par terre (des whiskys de seize ans d’âge, du bourbon, c’est pas commun dans un resto), une petite musique jazzy en fond…

Bref, vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé. Je parlerais des autres restos en mettant quelques photos si j’en ai à vous montrer.


#16

Ca en général, ça me fait plutôt peur. C’est important d’avoir du choix, mais se transformer en supermarché du pinard dénote en général une sommelerie parreseuse, ou tout du moins passive. Personne n’a -selectionné- un vin. Bien sûr tu peux toujours demander au sommelier ce qui ira bien mais bon.

En général je considère pas ça comme ‘bien’ :slight_smile:


#17

C’est un point de vue qui se défend, effectivement. De mémoire, mis à part quelques grands crus classiques, je crois que ce resto en question proposait surtout des vins de la région, surement en provenance directe des producteurs. Maintenant, je ne suis pas du tout un amateur de vin à la base, donc je ne saurais en dire plus.


#18

J’en ai déjà parlé rapidement à Tanguy, mais il y a un resto près de Tours (près de Monts pour être encore plus précis) qui a une carte des vins hallucinante et surtout pas cher (genre du Haut Brion 76 à 200 euros… le genre de bouteille qui se négocie plutôt dans les 5-600 euros ). Je ne sais pas trop comment le mec est arrivé à la tête d’une telle cave, mais ça fait réver. Maintenant le problème est ce qui est dans l’assiette est juste moyen. Je vous fais un compte rendu quand mon beau-père se décide à nous inviter.


#19

Je sais pas si c’est le bon topic, ignorez moi si c’est pas bon :

Samedi, on fête un truc avec deux amies, et on cherche un resto qui nous change un peu de nos adresse habituelles.
Alors voilà : je cherche un truc sur Paris ou Issy/Boulogne, autour de 20€/personne, avec comme contraintes : pas japonais, pas cuisine du sud ouest, et, compte tenu du sexe de mes deux comparses, pas trop gras.

Originalité, ou terroir, ce que vous avez sous le coude, si vous avez.
Merci d’avance.


#20

Là, comme ça, de tête, je pourrais te conseiller le OZO, dans le Marais, pas loin de Pompidou.
Jette un oeil sur leur site, pour voir si l’ambiance correspond à tes attentes.
En gros, tu composes ton plat toi-même, et parfois, ça peut déboucher sur des trucs assez spaces.
Donc, tes amies pourront décider ce qui est trop gras pour elles :wink: