PLAYSTATION QUATRE : La bataille d'Hirai


#481

Accessoirement, le vieux à lunettes c’est Guillermo del Toro. Mais autant j’aurais voulu l’avoir en perso joueur, autant il a tout d’un perso secondaire. Ceci dit je ne suis pas sûr que j’aime le truc des acteurs réels mis en avant, pour des persos de jeu vidéo.

C’est intéressant à quel point c’est immédiatement reconnaissable comme produit de Kojima, mais en tout cas pour l’instant il y a une ambiance de fou. Je suis impatient d’en savoir plus. Un ami ricain qui a son permis a passé des heures hier à disserter sur le matos militaire utilisé (version courte: les flingues sont semi-imaginaires comme dans MGS5, probablement pour ne pas avoir à payer les droits) mais pour ma part je me contenterai de noter qu’on pense que le moteur utilisé, Decima, est basé sur celui d’Infamous Second Son (l’autre suspect étant celui de Killzone).


#482

Mais… Qui, QUI va acheter ce jeu, sans déconner ?


#483

C’est monté avec les pieds (les scratchs) mais accessoirement je connais pas la moitié des persos (mais bon, c’est que je ne suis pas le public à la base, c’est la moitié glaireuse que je connais).

Bon, donc finalement le moteur de Death Stranding n’est pas celui de Sucker Punch mais celui de Guerilla Games.


#484

De loin la plus grosse annonce de cette PlayStation Experience :

On remercie Paon d’avoir enfin lâché la grappe du jeu. C’est chez DotEmu donc cela devrait arriver un peu partout avec un peu de chance. En tout cas, ça sort même sur Vita ! Si le mode en ligne est crossplay entre les deux bécanes, c’est bien cool. Espérons qu’il y ait plusieurs réglages de filtres pour la version PS4/etc.


#485

Pendant ce temps, sur PS4 Vanilla…

Espérons que cet hommage appuyé à Shadow of the Colossus ne présage pas trop des AAA de fin d’année prochaine.
Ca roule sur PS4 Pro (en tout cas en mode 1080p), manifestement.


#486

J’en attendais pas grand chose jusqu’à la fin de semaine dernière quand les premiers retours, certains dithyrambiques, ont commencé à arriver.
Quelqu’un l’a pris ici ?

Un peu plus de trois heures de jeu, pour le moment c’est la douche froide…

Sur la dernière demi-heure j’ai peu à peu réussi à dompter la caméra mais dans tous les cas elle est absolument indigne. J’ai le sentiment d’être réal plutôt que joueur tant il faut en permanence recadrer manuellement pour y voir quelque chose. Les scènes d’action dans des endroits un peu confinés tiennent du gag. La caméra passe son temps à s’éloigner, se glisser derrière un mur, virevolter, bref, elle entrave totalement mon plaisir de jeu pour l’instant. Sans compter la maniabilité qu’on qualifiera poliment de lunaire.

Je sens qu’il va falloir pas mal de résilience pour y déceler le grand jeu qui a l’air de se cacher derrière toutes ces tares.


#487

Le problème de ce genre de jeux “à fans”, c’est que les premiers échos viennent des gens qui sont suffisamment fans pour aller faire le pied de grue et chopper le jeu day-2, du coup leur avis est pas des plus objectifs.

Ça sent quand même bien le jeu qui a besoin d’un ou deux gros patches.
Au moins apparemment la fin est finie, elle.


#488

J’ai fait 2h dessus hier, je trouve ça très bien pour l’instant, alors que les deux précédents m’avaient laissé de marbre.
C’est assez touchant, avec des environnements magiques (le changement d’échelle vu la taille de Trico est très bien senti).
Le framerate est à la rue en extérieur; en intérieur c’est passable, mais ça ne m’a pas trop gêné car finalement, ça cadre correctement avec le sujet qui est de dompter un animal récalcitrant.
La plus grosse difficulté des “énigmes” consiste justement à cadrer avec la caméra aux fraises l’endroit où on veut envoyer l’oiseau…

Jugé sur les critères habituels (maniabilité, fluidité, qualité des énigmes), le jeu est à la rue, mais quand on se laisse prendre à l’atmosphère et à la relation avec la bestiole, c’est vraiment une belle expérience. Des gamins seraient sûrement comme des fous dessus… dommage que le jeu soit complètement injouable pour eux (un peu le problème des jeux d’Ueda d’ailleurs: on aimerait les faire découvrir à des néophytes pour leur faire apprécier les jeux vidéo sous un autre oeil, mais ils sont incontrôlables pour eux).

PS: ça a déjà été souvent écrit dans les tests, mais je trouve très rafraîchissant d’être le “maillon faible” du duo en termes de puissance brute. Du coup on veille sur la bestiole façon Ico, mais pour tout ce qui est affrontements, on est tributaire de lui: on n’est pas le paladin habituel mais la moitié d’un duo asymétrique, et le partenaire n’est pas qu’un simple boulet ou second personnage jouable, mais a ses réactions propres. Je ne sais pas si un jeu avait déjà proposé ce rôle de “conducteur d’éléphant” de manière aussi convaincante. (Toutes proportions gardées, c’est un peu la même différence entre “piloter” un cheval dans un jeu vidéo, et essayer d’en faire pour la première fois dans la réalité). Par contre, je me demande si ce “domptage” ne va pas devenir plus frustrant qu’amusant passé les premières heures de découverte.

Concernant la caméra d’ailleurs, je comprends qu’elle revienne tout le temps sur Trico pour souligner ça, mais c’est un peu redondant car on en vient rapidement à la ramener soi-même sur lui dès qu’on s’éloigne un peu trop: on s’attache assez vite à la bestiole et on finit par s’inquiéter réellement pour elle quand on la laisse seule un moment… c’est une grande réussite de ce point de vue. Si par contre la “magie” ne fonctionne pas sur vous à ce niveau-là, le jeu tombe en miettes instantanément.


#489

Un ami m’a demandé de lui prendre l’édition limitée “Brutus” et du coup je l’ai pris aussi, sans trop réfléchir et un peu bourré intrigué par les commentaires positifs de Kamui et Boulapoire. Mais je flippe de me retrouver avec la même impression que toi, surtout qu’il a l’air vraiment dur à avaler sur PS4 vanilla dixit les retours de certains. J’en aurai le cœur net d’ici demain.


#490

Ca me rappelle Mario Sunshine sur lequel je ne me suis amusé qu’après de longues heures de jeu, une fois les problèmes de caméra à peu près maitrisés et le level design assimilé (les deux vont de pair dans ce jeu). En gros, une fois que je m’étais habitué à lui. Le jeu avait récolté pas mal de 8/10 alors que ça reste un épisode très décrié et/parce qu’une bonne dose de patience (laquelle peut se traduire par de la tolérance ou de l’aveuglement) est nécessaire pour qui veut s’y lancer. Ca pose le problème des tests qui notent le ressenti final en minimisant parfois le reste du parcours et le degré d’implication requis par le jeu.

Un jour, je vous parlerai de la frustration que j’ai ressentie cet été en m’enfilant une trentaine de jeux rangés dans le haut du panier, en découvrant ou en rejouant de longues années plus tard (à) des jeux tels que les Mario NES, Psycho Fox, Ristar ou encore Wonder Boy III et V dont le degré de précision requis lors des combats ferait rougir de honte n’importe quel bullet hell, me faisant ainsi prendre conscience à quel point je n’avais plus la patience de m’habituer à certains jeux.


#491

Je suis d’accord. D’ailleurs depuis grosso modo une heure et demie de jeu, j’essaye vraiment très fort de faire abstraction de tous les problèmes techniques pour me concentrer sur ce qui fonctionne (les animations sont à tomber) mais je suis sorti environ toutes les trois minutes du jeu par un truc qui m’agace. Pour l’instant frustration>plaisir.

Pour le frame rate, je joue sur la PS4 standard et la pauvre bête agonise sur quelques passages mais je considérais ça comme un fait acquis pour un jeu Ueda.


#492

Le jeu a deux patchs day one dont l’un est supposé atténuer les problèmes de frame-rate. Le tout pèse 1 Go. Je reçois mon exemplaire collector vendredi.


#493

Un peu plus de huit heures de jeu, pour situer :

Spoiler

environ une demi-heure après la rencontre musclée avec un autre Trico

.

Je recommande à ceux qui vont découvrir le jeu dans les prochains jours d’user et de surabuser du bouton L1 afin de recadrer l’image sur Trico. Ne laissez pas le jeu s’en occuper automatiquement, car il le fait souvent à contre-temps.
Ca permet d’avoir une meilleure perspective d’ensemble, la caméra ayant le bon goût de prendre un peu le large. On peut donc profiter pleinement des mimiques et autres attitudes de la bête qui sont une des grandes forces du jeu. Dans tous les cas, évitez à tout prix de faire le sale boulot par vous-même avec le stick droit : la caméra reste souvent trop proche et cadre très mal l’action par ce biais. Je conseille aussi de passer très vite par le menu pour augmenter la réactivité de la caméra, le réglage initial étant beaucoup trop léthargique surtout dans les phases où vous contrôlez le garçon indépendamment de Trico.

Pour le reste, difficile de s’enlever de la tête l’idée qu’on est en face du remaster d’un super jeu PS2/3 jamais sorti. Je ne ressens absolument aucun plaisir à jouer à ce jeu, par contre c’est un régal pour les yeux et les oreilles. Les animations sont définivement maboules - le taf réalisé sur le garçon fera date je pense - et la narration silencieuse autant que les interactions font mouche. Trico, attendri, qui observe le garçon avec ses grands yeux humides valent mieux que des dizaines de dialogues.


Léger spoil sur la description de la séquence ci-dessous.

Passage intéressant de la critique chez Eurogamer : on est au sommet de la suspension of disbelief alors que c’est clairement le script sur ce passage, comme dans quelques autres, qui chie dans la colle à se lancer. J’y ai par exemple passé 10 minutes max.

Je vois trois options (choisissez celle que vous préférez) :

1/ Les scripts ont été volontairement rendus difficiles à déclencher pour simuler un aspect “animal sauvage”. Derrière, énorme taf sur les mimiques de Trico pour rendre tout ça crédible.
2/ Les scripts sont foirés.
3/ Les scripts sont vraiment foirés et il faut une dose de fantasme XXL pour y voir “l’intention de l’auteur”.

J’ai très hâte de voir des speedruns du jeu (surtout quand certains vont se pencher sur le trophée “finir le jeu en 5 heures”).


#494

Je pousse ma première caisse.
… Pour l’instant je trouve ça imbitable. C’est horrible car en plus, j’ai l’impression que c’est ma faute(*) parce qu’il me manque un truc d’empathie avec le chien ou parce que je n’ai pas d’expérience d’animal de compagnie. Mais 1. Je suis manifestement débile : j’ai été obligé d’aller voir un walkthrough pour comprendre quel mur il fallait péter au tout début du jeu après une bonne demi-heure de ??? au dessus de ma tête (je n’ai jamais vu l’animal

Spoiler

gratter quoi que ce soit

mais je pense que c’est moi qui ne lui ai jamais accordé le bénéfice du doute plutôt qu’un problème de script) 2. Surtout, la caméra me donne littéralement envie de gerber. Je pensais que je percevais inconsciemment un hoquet de framerate mais c’est plutôt stable pour l’instant ; en fait, c’est la façon dont elle bouge, on dirait qu’elle est complètement ivre.

(* = Un peu comme quand je trouvais l’IA de Journey insupportable, parce que je croyais que c’était des IA.)


#495

As-tu augmenté la sensibilité de la caméra dans le menu ? Ca ne corrige pas le problème de latence, surtout vertical, mais ça arrange un tout petit peu les choses. Sinon, c’est un doliprane à espacer toutes les quatre heures.

Autre chose qui peut aider, mais tu voudras peut-être le découvrir par toi-même donc je le mets en spoil,

Spoiler

l’enfant regarde souvent dans la direction où il faut aller pour résoudre les énigmes

.


#496

Merci du tuyau, je vais essayer ça. Je voudrais surtout qu’elle arrête de bouger toute seule, à vrai dire ! Histoire d’être un peu positif, la musique est somptueuse et le livret conçu par le magazine Brutus pour l’édition First Press japonaise est assez chouette.

Restons dans la poésie avec ce premier trailer promo de Senran Kagura Peach Beach Splash :


#497

Mon esprit a auto-correct “trailer porno”… :frowning:


#498

Fini. En un mot : éprouvant.

Je ne vais pas revenir une nouvelle fois sur la caméra. Elle est affreuse jusqu’au bout et chacun pourra tester son seuil de tolérance face à ce qui rappelle les heures les plus sombres du début de la 3D. Elle m’a mis à bout de nerfs plusieurs fois ce qui est très rare pour moi devant un jeu vidéo.

Quand d’autres tares viennent s’ajouter, comme les collisions, la latence et le frame rate souffreteux (guère plus de 25 FPS en moyenne sur la PS4 standard), ça a donc été très difficile, tout du long, de rentrer pleinement dans ce jeu. Toutes les dix minutes, le jeu agace et à intervalle au moins aussi régulier, il émerveille. C’est un yoyo émotionnel comme il m’a rarement été donné de voir ces dernières années.

Manette en mains, impossible de prendre du plaisir. J’ai lutté de bout en bout. Ni Ico ni SoTC, qui était pourtant loin d’être épargné par les soucis techniques, ne m’avaient à ce point rebutés.
Ca ne parlera pas à tout le monde et il faudra être capable de retourner à un état méditatif juste après une crise de nerfs mais c’est en fait lorsqu’on ne fait rien ou pas grand chose - une petite caresse sur la truffe de Trico, lorsque les regards se croisent à distance pour vérifier que tout va bien, lorsqu’on donne un ordre et qu’on parvient à obtenir une réaction, qu’on contemple le vide ou le ciel en haut d’une tour - que le jeu raconte toute sa poésie.

Passées les considérations techniques, si tant est que cela soit possible, on ne peut pas nier le fait qu’il se dégage quelque chose d’unique de ce jeu. Les animations, les interactions, qui évoluent en même temps que la relation entre Trico et le garçon sont époustouflantes. Le concept et l’ambition du jeu, comme toujours chez Ueda, sont remarquables et il faut louer une certaine forme d’intransigeance et d’opiniâtreté dans la vision. Il a dû y avoir de grands moments de doute dans la conception de ce jeu, surtout à l’époque où il était prévu sur PS3 : c’est un jeu qui sent la sueur et les larmes et il vous fera probablement subir la même chose.

Reste un jeu intense, gangrené de défauts, constellé de moments sublimes

Spoiler

(la fin…)

et qui en demande beaucoup (mais vraiment beaucoup) au joueur. Si je devais établir un parallèle hasardeux avec le cinéma, Ueda serait le Cimino du jeu vidéo.


#499

Bon j’avais un peu peur d’y jouer un samedi matin de grosse GDB mais finalement, après un bon dodo, ça se passe mieux (malgré les passages en extérieur à 5 fps). Je suis à la fois beaucoup moins con face aux énigmes, et ça me file moins la gerbe. Par contre, je ne pige pas certains choix de caméra qui semblent t’empêcher délibérément de voir correctement ce qui se passe. Y a aussi des fois où je pige même pas comment Torico s’est démerdé pour me rejoindre (soit parce que la caméra se focalisait sur moi et qu’il était hors champ, soit carrément parce qu’il n’était pas dans la même pièce que moi) et j’aurais bien aimé avoir observé ce qu’il a fait. Je trouve ça très frustrant car ça va à l’encontre du côté “c’est lui la star”. D’une manière générale, cette caméra est épouvantable, c’était si nul que ça dans SOTC ?

En parlant de SOTC, un truc que j’aime bien et qui rejoint un commentaire d’Abuzeur plus haut sur les changements d’échelle, c’est qu’on passe son temps à côté d’une bestiole gigantesque mais pas hostile (contrairement à la plupart des jeux). SOTC finalement, tu pouvais schématiser ça comme un Boss Rush et tu as beaucoup d’autres jeux qui te font affronter un truc énorme de cette façon. C’est beaucoup plus rare de passer du temps à côté d’un truc plus gros que soi mais pacifique (et dans des phases de jeu également pacifiques) comme dans The Last Guardian. A vrai dire, le truc le plus proche qui me vienne à l’esprit, c’est les D.O.L.L.S. de Xenoblade X, mais elles ne sont pas vivantes donc on ne retrouve pas ce même rapport d’échelle entre deux espèces différentes qui cohabitent le même espace et que tu as le temps d’apprécier parce que l’autre n’essaie pas de te bouffer et/ou qu’on ne te tire pas dessus en même temps.

(On a récupéré une PS4 Pro avec ce jeu au boulot, du coup je me sens un peu idiot de l’avoir acheté pour en plus y jouer le week-end sur la PS4 Diapo… J’espère au moins que j’ai financé le portage Vita de Tokyo Jungle.)


Mais n’oublions pas qu’il nous reste encore une dernière arlésienne qui, si ça se trouve, sera le meilleur jeu des trois ! Qui l’eût cru il y a encore deux, trois ans ?


#500

Il faudrait relancer le jeu pour en avoir le cœur net mais en se basant sur quelques vidéos dont celle-ci…


(Mon dieu ce frame rate…)

… J’ai l’impression que la caméra se concentre plus naturellement sur l’élément important avec un feeling moins “ivre”. C’est rendu plus simple par le fait que le jeu se déroule quasi exclusivement en extérieur dans des environnements vides et il y a de fait peu de blocages derrière des éléments du décor (les colosses étant bien souvent le seul décor), ce qui est la lie de TLG. Techniquement, c’est évidemment plus simple à mettre en place dans un jeu d’affrontement 1VS1 que dans un jeu où l’on gère un personnage sans cesse attiré par un PNJ 50 fois plus grand que soi dans des lieux pour la plupart confinés, le tout en essayant de trouver son chemin. D’une manière générale, j’aurais aimé avoir beaucoup plus de plans d’ensemble dans TLG pour mieux constater la démesure des lieux face au héros.

Malheureusement, le jeu a beaucoup de mal à réaliser cette double focalisation et comme tu l’écris, c’est frustrant car on a l’impression de passer à côté de certains moments.