[Supa Pivot Country Club] La tanière des polyglottes


#361

Petite précision comme ça : “la langue proto indo-européenne”, c’est un peu le Big Bang de la linguistique, une hypothèse commode et séduisante, mais qui cherche surtout à tisser un petit manteau théorique à partir de bouts de ficelle et d’immenses trous. L’idée repose essentiellement sur des concordances lexicales, mais la diffusion des mots dans un vaste espace n’indique pas forcément qu’ils ont une grammaire en commun, ce qui serait l’essentiel pour avoir une langue. Et comme il y a extrêmement peu d’écrits et une immensité incalculable de langues disparues, bon courage pour arriver à une construction crédible. Sinon on peut aussi chercher des correspondances entre le basque et le japonais, y en a qui ont essayé.

pour rester sur le sujet du proto indo, je viens de me commander Aux origines des langues et du langage, qui est se dit-il une référence sur la question. Si ça intéresse quelqu’un je pourrai en faire un petit digest.


#362

Je le lirais bien volontiers.


#363

Mon dieu, quel tissu de conneries.


#364

Les jolies expressions poétiques et intraduisibles des autres langues.


#365

Chouette, un nouveau mot à ajouter à mon vocabulaire russe \o/ Voilà qui changera des insultes.

A propos d’insultes russes, un camarade (forcément) m’a dit que prononcer “Chasse aux hiboux” et “Blédina” devant un russe, risquait de vous attirer des ennuis. Alors bien entendu, au pays des ours le sens de ces mots est différent, et pour l’avoir testé sur quelques russes dans Dota, ça n’était manifestement pas une plaisanterie.

Souvenez-vous, “Chasse aux hiboux” et “Blédina”. Vous pouvez rajouter un accent russe inspiré d’à la poursuite d’Octobre Rouge pour être plus convaincant.


#366

Des bandes d’animaux. A Pandemonium of Parrots aurait pu être un groupe de grunge ou un sous-titre de Crash Bandicoot.


#367

J’ai toujours pensé, sans doute à tort, que l’Anglais avait plus de noms collectifs que le Français.
J’aimerai donc bien trouver un équivalent FR à cette liste.

En attendant :

  • une assemblée de babouins
  • une harde de chèvres
  • une perchée de goglus
  • une compagnie de sangliers
  • un noeud de vipères (oh!)
  • une échourie de phoques

#368
  • un lit d’oursins

#369

Six Decades of the Most Popular Names for Girls, State-by-State

Le boom “Hannah” est impressionnant, surtout qu’il prédate largement Hannah Montana. J’aimerais bien trouver toutes les origines populaires / médiatiques de ces modes.


#370

Je ne saurais pas dire pour les USA, mais en France, pas mal de prénoms à la mode depuis trois-quatre ans ont l’air de venir des Disney et dessins animés de la jeunesse des parents (Arthur, Eliott, Merlin, Ulysse).

Il y a également des modes dans les sonorités assez amusantes à observer. Depuis la fin des années 90, tous les prénoms courts et très vocaliques (Emma, Clara, Léa) sont à la mode chez les filles, et il y a eu un glissement progressif, où les consonnes douces, voisées, ont commencé à être recherchées (la popularité de Lilou et Louna, par exemple, est assez typique de cette transition), et on assiste depuis peu à l’arrivée d’une mode où ce sont beaucoup les consonnes sifflantes qui sont prisées, avec souvent une prédilection pour les trucs un peu rétro (Ulysse, Zélie, Louise, Jules, Zoé…), mais la continuité sonore est assez frappante. Il y a également des prénoms longs qui sont revenus à la mode d’un coup, type Hippolyte ou Barthélémy, souvent en opposition aux prénoms courts des années 2000. Sinon guess what, George revient à la mode.

Aux USA, ce qui m’intrigue le plus, c’est le boom récent des Emma, qui est un prénom qui était à la mode il y a 10 ans chez nous. J’imagine que ça doit leur paraître aussi curieux que nos innombrables Jason, Brandon et Kevin.

Une petite pensée pour tous ces parents qui ont appelé leur fille Jessica en 1987, et ont passé les cinq années suivantes à essuyer les vannes sur Jessica Rabbit.


#371

Pourtant cela me paraît l’un des plus simples à résoudre.

Je regarde Downton Abbey en ce moment, je me demande s’ils ont fait des recherches au sujet des prénoms courant de l’époque.
Genre, Sybil Crawley… Oui cette discussion est juste une excuse pour googleimager des jolies poupées.


#372

J’ai du mal à y croire. En général les prénoms à la mode, c’est souvent des prénoms que des stars donnent à leur môme, et tout le monde se met à le reprendre derrière. C’est rarement des prénoms calqués directement d’une personnalité elle-même.


C’est vrai que le prénom s’envole après le premier film, mais il remonte en côte depuis le début des années 90. Notez en revanche comme l’évolution de la popularité d’Emma comme prénom est inversement proportionnelle au nombre de couches d’habits d’Emma Watson.


[i]- Chérie, et si on l’appelait Emma ?

  • Non.[/i]

#373

J’avais justement recherché les célébrités ayant appelé leurs gamines Emma à cette période (car il y a un site conçu pour, évidemment) et il se trouve qu’il y en a très peu, notamment comparé à Emily.

(J’adore ce topic. J’adore cette conversation.)

Combien de célébrités ont appelé leurs gosses Kevin en 1990 ? Alors que Kevin Costner crevait l’écran. Je ne crois pas qu’il y ait de règle si précise que cela. Certain noms deviennent populaires à cause de célébrités, d’autres à cause de rôies/personnages, d’autres pour les gosses de célébrité. “George” est devenu à la mode aux US à la fin des années 90 à cause du nom du magazine créé par JFK Jr auquel toutes les femmes américaines de moins de 50 ans auraient loué leur utérus avant son accident mortel. Donc bon…


#374

Je ne sais pas si le Hobo Code est universel mais en tout cas, c’est bien celui que l’on retrouve dans Mad Men.


#375

Merci au passage pour le Hobo Code, passionnant.

Suite à ce lien en topic radio, mon mot du jour est donc… Aufnahmezustand.

Dommage que le Français usuel n’ait pas un mot-valise plus percutant qu’état d’enregistrement.
Je suis personnellement ultra-sensible aux appareils de captation (sonore, photo, vidéo) et ce terme m’aurait bien servi pour expliquer ma condition aux extravertis.

Je me demande si la physique quantique n’a pas un jargon plus précis pour ce phénomène, voire même l’anthropologie où la simple présence d’un micro bouleverse l’économie comportemental du groupe observé (cf. Lévi-Strauss).


#376

Indeed.


#377

En lisant cette information sans importance, je me suis soudain demandé : qui choisit les gentilés ? Genre, si je décide de faire une entrée en politique internationale en séparant la Chazourie d’un pays de l’Est, qui va choisir si l’on appelle en français mon peuple les Chazouriens ou les Chazouriotes ? Vous allez me répondre qu’on le choisit “ici”, donc en France et non en Chazourie (puisqu’on dit les Pékinois et non les Beijinois), mais hey!

  1. OK, mais qui fait autorité ? Y a un type qui s’en charge à l’Académie Française ? On procède à un vote ? On n’en discute même pas autour d’un petit verre de blanc avec le consul chazourois ?
  2. Et les autres pays francophones, alors ? Chev et Petit Prince ont-ils le droit de choisir le nom qu’ils veulent ?

Wikip a des éléments de réponse dans son article consacré au sujet ; je recommande notamment la section sur les gentilés politiques. Mais c’est plutôt dans ses liens externes qu’on trouve les premiers suspects. Par exemple, cette mystérieuse COMMISSION GÉNÉRALE DE TERMINOLOGIE ET DE NÉOLOGIE : qui sont-ils, quels sont leurs réseaux ?

On accède au grand déballage via le ministère de la Culture :
http://www.culture.gouv.fr/culture/dglf/commission_generale_comp2009.htm

Que des énarques ou presque ! (Au passage, on doit le terme “énarque” à Jean-Pierre Chevènement.)

Ces gugusses ont leur propre URL adresse universelle et c’est donc cette petite troupe qui “recommande” quel gentilé employer en bon français. Mais qu’en font les Québécois et les Wallons ?

Quel panard, ce boulot ! Moi aussi, j’aimerais être grassement payé par le contribuable pour tailler le bout de gras dans une auberge huppée avec des barons belges et trinquer sur la question du gentilé pour les autochtones de Vanuatu. Et je suis, ma foi, bien content d’avoir obtenu une réponse. Je file de ce pas envahir la Pologne.


#378

La fête du random \o/ Je valide tellement.

L’article de wiki sur les gentilés est effectivement très bien, avec d’excellents exemples et quelques perles ça et là.

Les dernières publications officielles de ladite commission valent le coup d’œil. Manifestement, le jeu est de trouver comment dire en français un mot anglais que personne n’a l’intention d’abandonner.

Introducing…

  • fauteur de guerre pour
Spoiler

warmonger

  • mettre sur liste noire pour
Spoiler

to blacklist

  • éreintage pour
Spoiler

bashing

Marche aussi à l’envers.

  • junior partner ?
Spoiler

partenaire en second

  • boat people ?
Spoiler

réfugié de la mer

  • like-minded ?
Spoiler

homodoxe

Bientôt chez vous dans…

En soi je trouve ça un peu triste, cette commission dont le rôle est d’officialiser qu’elle arrive toujours trop tard. Mais les termes sur lesquels elle travaille sont de superbes marqueurs d’époque. Il y en a plein ici, classés par villes.

Ceux sur les télécommunications sont évidemment les plus vains. Mais j’ai une tendresse pour celui-ci :

C’est choupi.

Et puisque Chaz a eu la bonne idée de faire remonter ce fabuleux topic rempli d’infos absolument essentielles, ça traînait depuis plusieurs jours dans mes onglets “trop random pour savoir quoi en faire/trop intéressant pour le fermer”, hop :


Je ne garantis pas que ça vous serve un jour.


#379

Indeed.


#380

Bien vu, non ? … Ca date de 1961. Tiré d’un bon article de Slate sur les manies grammaticales et lexicales du journalisme sportif :
Et le journalisme sportif vint à la rescousse du passé simple