[Supa Pivot Country Club] La tanière des polyglottes


#401

Ok, mais la phrase est “truquée”

L’interpellation “Sop,” au début permet par DEDUCTION de savoir que “Sop” n’est pas le sujet. Mais sans… t’es baisé.
Pire : avec une interpellation suivie d’une proposition de mise en contexte ça devient hardcore.

Sop, c’est vrai, aime bien les remarque que fais” <- Ca peut être pas mal de choses. “Sop aime” ? “J’aime” ? - “tu fais” ? / “je fais” ? etc. (et encore j’ai laissé “c’est vrai” mais avec “est vrai” c’est encore pire : Sop, est vrai, aime bien = :hypno: )

C’est vrai que la langue Française est bâtarde, et qu’elle se repose à la fois sur les pronoms, et les conjugaisons. Et souvent c’est redondant, mais pas toujours. Donc, c’est pas le problème, la langue est comme ça. (Maintenant c’est intéréssant d’en parler).


#402

Oui, est pour ça que l’ai rajouté. Aime bien l’idée que nos pronoms et la conjugaison sont redondants, mais bien sûr actuellement si s’en passe, fait bizarre.
En tout cas aime bien l’idée, crois que vais l’utiliser aujourd’hui afk.
Et me faire interner :slight_smile:


#403

Avec ou sans “Sop”, le contexte permet de comprendre qui fait quoi. On se doute qu’Aldo n’est pas en train de faire un pouce vert à sa propre remarque, alors que l’enchaînement des posts permets d’établir que les remarques que lui ou un autre aime ont été faites par le locuteur précédent. (“Sop” le verrouille, mais ça ne pouvait pas être autre chose). Quant à “aime”, qui est sous-déterminé en français (je ? tu ? il ?), pour le coup j’ai l’impression que c’est comme en japonais, par défaut c’est de soi dont on parle. La phrase hors contexte aurait été piégeuse, mais là non.


#404

Je rejoins Tanguy :

Mais avec le francais ca fonctionne pas bien a cause des terminaisons trop ambigues ! A mon avis on s’en sort mieux avec l’espagnol. Le japonais, pour moi, dit quand meme les choses mais parfois de facon detournee*… Apres c’est facile de supposer que ce qu’on dit est generalement a la 1ere personne sauf indication contraire.

  • Je pense par exemple au fait qu’on utilise souvent le nom de qq’un pour parler de soi ou d’une personne presente. Ou encore on utilise des demonstratifs de position relative plutot que de dire mon/ton. Pour ne citer que deux exemples…
    FR : C’est quoi ta jupe ? > C’est quoi la jupe que tu as ? > JP : C’est quoi cette jupe(-la) ?
    (Cet exemple marcherait dans les deux sens en FR. Mais tres peu probable qu’en JP on dise “ta jupe (cette jupe qui t’appartient)” pour ca

#405

Tu pointes en effet l’une des particularités du français : le fait qu’on ait un grand nombre de conjugaisons “silencieuses”. D’ailleurs je pense que là où on n’était pas d’accord sur l’intelligibilité de la phrase d’Aldo, c’est que vous l’analysiez à l’oral et moi à l’écrit, sauf qu’évidemment, les s muets, à l’oral, ça n’existe pas. A la limite, il serait même possible de prendre le problème à l’envers : pourquoi le français est (à ma connaissance) la seule langue d’Europe de l’Ouest où certaines conjugaisons sont muettes (ex : je marche/tu marches : deux écritures, deux formes, mais une seule lecture) ? Peut-être justement parce qu’avec le temps, l’usage des pronoms s’étant imposé, la lecture des conjugaisons est devenue inutile. Nul doute que si le français était resté sur le modèle de l’italien ou de l’espagnol, on aurait prononcé marchès au lieu de marches. En l’état, on a effectivement un système ponctuellement redondant, ce qui fait aussi que le français est une langue si précise (ou en tout cas où les cas d’ambiguïtés sont relativement rares).


#406

Et du coup une très belle richesse de finesses permettant toutes les fantaisies de placement sans altérer le sens.
Belle Marquise, d’amour me font, etc etc.


#407

Article amusant (à défaut d’être passionnant) sur les différentes façons d’exprimer dans les différentes langues qu’on a "fini " un jeu.
http://gamasutra.com/view/news/209900/Beating_games_around_the_world.php


#408

Je me suis souvent posé la question, la traduction de clear. Terminer/finir ? Valider ? Conquérir ? :confused:


#409

“Finir” pour nous non ?


#410

Dans les cas où on ne peut pas utiliser “finir/terminer” ça peut devenir compliqué. Je vois parfois des “complété” sans doute sous influence EN…


#411

“Complété”, c’est anglicisme à fond les ballons. J’aurais tendance à traduire par “finir”/“réussir”, pas bien loin de Tanguy. Je suis plus embêté par le “clocked” australien. “Faire le tour” ?

L’article est super chouette en tout cas, j’adore.


#412

Tu peux développer ? J’ai pas d’exemple où je vois pas que ça fonctionne


#413

C’est peut-être surtout japonais (enfin, v’voyez c’que j’veux dire), mais je verrais bien une différence entre “clear” (arriver à la fin du jeu / d’un segment du jeu) et “complete” (faire tout ce qu’il y a à faire dans le jeu / un segment du jeu). En français, “finir” pour le premier, mais pour le deuxième…?


#414

Je propose “retourner”, par solidarité avec les poètes de la pampa argentine.


#415

Dans mon dictionnaire mental,
finir = faire = torcher
finir dans tous les sens = retourner = platiner
ragequiter = Dark souls


#416

Mon équivalent fr de “complete”, c’est “finir à 100%”.


#417

Oui, ou “tout finir” ou “tout débloqué”


#418

Le kirghiz. Qui n’est pas un apéritif masqué, donc, mais une langue SOV ouralo-altaïque (hint : turque) qui a eu la particularité, dans son histoire, d’avoir tour à tour été écrite avec l’alphabet arabe, latin et cyrillique.

Je n’ose même pas imaginer le bordel que ce doit être ! Au dernier recencement 36 lettres différentes sont utilisées, dont certaines n’existent pas dans l’alphabet russe.

Le kirghiz distingue huit pronoms personnels (comme en espagnol avec et usted et vosotros et ustedes), la seconde personne est en fait doublée d’une version polie). Plus étonnant, le verbe être n’existe pas au présent, mais seulement au passé. La notion existe mais passe par la syntaxe.

Curieux. J’ai du mal à me figurer comment cela oblige à penser (ou plutôt à dé-penser).

A part ça, c’est une langue à cas, comme l’allemand ou le latin, et agglutinante, comme les langues scandinaves et turques.

Vous pouvez l’apprendre.

Cela vous servira notamment à lire L’Epopée des Manas (non, pas seiken densetsu), un roman oral qui ferait passer le moindre test de Dr Chocapic pour une virgule dans un haïku. Wiki (qui l’attribue à la Chine, bouh) parle de 500 000 vers, soit deux fois la longueur du Mahābhārata, plus de 20 fois le volume de l’Iliade et l’Odyssée selon ce monsieur.

Sauf que Manas a bel et bien été inscrite au Patrimoine mondial immatériel de l’UNESCO par et pour la Chine.

Un extrait raccourci, traduit et en poche est dispo sur le site du diable.

Ce qui m’amène, complètement HS mais je ne suis plus à ça près, si, à ce très intrigant bouquin Fils de l’orage : un modèle de héros eurasiatique ? Un essai de mythologie comparée. Description sibylline :

Je vous en dirai des nouvelles dans un hypothétique et nécessaire topic “ceux qui ont raté le resto du samedi soir et sont tombés dans le trou d’Internet.”


#419

En écrivant ça hier, il y a un truc qui m’a interpellé mais je n’ai pas trop su quoi sur le coup. Et puis en fait, si :

L’Irlande
L’Allemagne
L’Espagne
L’Islande
L’Ouzbékistan

Les Emirats Arabes Unis
Les Etats-Unis
Les Îles Féroé

La France
La Suède
La Norvège
La Colombie
La Suisse

Le Mexique
Le Japon
Le Paraguay
Le Danemark
Le Luxembourg

Madagascar
Cuba
Israël

Pourquoi le Danemark mais la Norvège ? Pourquoi la Chine mais le Japon ? Qui choisit quel article on met devant un nom de pays ? Quel est son but ? Quel est son problème ? Pourquoi Madagascar, non-pas-d’article désolé ? Pour l’instant la meilleure réponse que j’ai trouvée se trouve dans cet article de Slate.

A noter par ailleurs une réponse très annexe mais non moins intéressante concernant la coexistence de “à Avignon” et “en Avignon” :

Je plains les pauvres étrangers apprenant le français.


En écoutant hier ce grand classique de la musique classique japonaise, je me demandais : dans quelles situations le japonais va préférer un possessif “à la française” (kimi no) plutôt qu’un marqueur relatif kono/sono/ano ? Pour ce qui relève des parties du corps uniquement ? Ou il y a une règle secrète ? Si je dis kimi no nioi (“ton odeur”) et sono nioi (“l’odeur de ton côté”), dans les faits, je désigne ou sous-entend quelque chose de différent, non ?


#420

Je me demandais pourquoi le nom du signe astral des Poissons 魚座 se lisait “uoza” et pas “sakanaza”.
La réponse : la lecture “sakana” de 魚 n’est correcte que depuis 1973.